Mission d'information sur la concrétisation des lois

  • Christophe Arend a été choisi pour faire partie de la mission d’information sur la concrétisation des lois, qui a pour objectif de : mesurer l’impact des réformes dans le quotidien des citoyens,
  • optimiser les méthodes de l’Assemblée Nationale en termes de contrôle & évaluation.

Retrouvez les activités de la mission d'information ici. 

Mise en ligne le 17/09/2019

TOUCHE PAS À MON MAIRE ! L’appel de plus de 80 parlementaires pour les maires de France

La violence à l’encontre des élus a atteint, cet été, un niveau insupportable en franchissant un cap intolérable.

Ce climat délétère pèse bien évidemment sur le moral des femmes et des hommes engagés dans la vie publique et fragilise, à chaque fois, notre pacte républicain. Un seuil d’alerte est atteint quand l’intimidation prend le pas sur la délibération du règlement ou de la loi. Il est devenu banal d’accuser les élus, locaux et nationaux, de tous les maux — au risque de mettre en doute l’efficacité de notre démocratie.

Nos concitoyens positionnent de manière très régulière les maires comme les principaux relais de la confiance politique dans notre pays. Cette perception n’est pas un hasard. Loin d’être un épouvantail, l’ancrage municipal est un gage d’implication. L’attachement des Français à la proximité, quelle que soit la taille de la commune, est un aiguillon pour tous les décideurs publics.

À l’aube d’une nouvelle campagne municipale, il est important de réaffirmer haut et fort notre défense de la figure de l’élu local en général, et celle du maire en particulier. De Paris à Signes, en passant par Gargilesse-Dampierre, Bruyères-et-Montbérault et Saint-Laurent-du-Maroni, les maires sont les garants de notre bien-vivre.

Le grand débat national a permis de montrer quelles étaient les préoccupations de nos concitoyens, mais aussi celles des élus dans nos territoires. Ce moment démocratique a permis de donner la parole à nos porte-parole et d’identifier les blocages, dissiper les craintes, faire évoluer les textes.

C’est le sens du projet de loi « Engagement et proximité » présenté par les Ministres Jacqueline GOURAULT et Sébastien LECORNU, suite à une phase inédite de concertation et plusieurs centaines de contributions d’élus de tous les horizons. Il s’agit de doter les maires, en particulier les plus nombreux — c’est-à-dire les maires ruraux, de nouveaux outils pour faciliter leur vie — et donc la nôtre.

L’intercommunalité, excellente intuition, a trop souvent été une source de complexité ou d’achoppement, en particulier pour les petites communes rurales. Il est donc proposé d’assouplir l’exercice de certaines compétences — par exemple, le tourisme, l’eau et l’assainissement — au nom de la lisibilité. Car, du point de vue de nos concitoyens, le « Meccano institutionnel » importe beaucoup moins que la qualité des services rendus. Le maire doit retrouver son rôle de décideur, c’est la condition de sa crédibilité et de l’abaissement du centre de gravité de l’action publique au plus près du terrain.

Beaucoup a déjà été fait depuis l’élection d’Emmanuel MACRON à destination des territoires : arrêt de l’assèchement aveugle des dotations, refus clair et net d’un nouveau big bang institutionnel, projet de réforme sans précédent de la fiscalité locale, reconnaissance politique et, nous l’espérons, sanctuarisation constitutionnelle d’un droit à la différenciation…

Aujourd’hui, notre démocratie locale doit vivre un nouveau printemps.Il est indispensable que des habitants s’impliquent plus fortement dans la vie locale et passent le cap en acceptant de s’engager dans les élections municipales. Cela passe par une meilleure reconnaissance des conditions d’exercice des mandats locaux, notamment en matière de droit à la formation. Nous devons créer de nouvelles incitations pour valoriser, y compris dans le parcours scolaire et universitaire, l’engagement des plus jeunes dans les conseils municipaux. Cette jeunesse qui ne manquera pas, par exemple, de nous interpeller sur nos actions en matière d’écologie et de lutte contre le réchauffement climatique, peut aussi relever ce défi démocratique. Déjà beaucoup de maires nous montrent qu’en la matière l’agenda des solutions s’invente et se décline d’abord au niveau local.

Plus que jamais, il est important de protéger l’échelon de la commune qui fait partie de notre identité territoriale et démocratique et protéger sans relâche ces femmes et ces hommes qui font vivre notre quotidien.

Plus que jamais, nous disons « TOUCHE PAS À MON MAIRE ! »

François JOLIVET — Député de l’Indre (36), Aude BONO-VANDORME — Députée de l’Aisne (02), Barbara POMPILI — Députée de la Somme (80), Didier PARIS — Député de la Côte-d’Or (21), Stéphane TRAVERT — Ancien Ministre, Député de la Manche (50), Françoise DUMAS — Députée du Gard (30), Alain PEREA — Député de l’Aude (11), Sylvie CHARRIÈRE— Députée de Seine-Saint-Denis (93), Pierre CABARÉ — Député de Haute-Garonne (31), Stéphane MAZARS — Député de l’Aveyron (12), Loïc DOMBREVAL — Député des Alpes-Maritimes (06), Jean-Charles COLAS-ROY — Député de l’Isère (38), Laurent GARCIA — Député de Meurthe-et-Moselle (54), Jacques KRABAL — Député de l’Aisne (02), Sereine MAUBORGNE — Députée du Var (83), Bertrand SORRE — Député de la Manche (50), Pascal LAVERGNE — Député de Gironde (33), Anne-Laure CATTELOT — Députée du Nord (59), Jean-Pierre CUBERTAFON — Député de Dordogne (24), Jean-François CESARINI — Député du Vaucluse (84), Carole BUREAU-BONNARD — Députée de l’Oise (60), Alain TOURRET — Député du Calvados (14), Olivier DAMAISIN — Député du Lot-et-Garonne (47), Catherine OSSON — Députée du Nord (59), Pierre HENRIET — Député de Vendée (85), Denis SOMMER — Député du Doubs (25), Olivier GAILLARD — Député du Gard (30), Sandrine LE FEUR — Députée du Finistère (29), Marc DELATTE — Député de l’Aisne (02), Jean-Marie FIÉVET — Député des Deux-Sèvres (79), Damien PICHEREAU — Député de la Sarthe (72), Philippe HUPPÉ— Député de l’Hérault (34), Nadia HAI — Députée des Yvelines (78), Pascale FONTENEL-PERSONNE — Députée de la Sarthe (72), Joël GIRAUD — Député des Hautes-Alpes (05), Stéphanie KERBARH — Députée de Seine-Maritime (76), Fabien MATRAS — Député du Var (83), Benoît SIMIAN — Député de Gironde (33), Valérie PETIT — Députée du Nord (59), Fabrice LE VIGOUREUX — Député du Calvados (14), Christophe LEJEUNE — Député de Haute-Saône (70), Rodrigue KOKOUENDO — Député de Seine-et-Marne (77), Jean-Marc ZULESI — Député des Bouches-du-Rhône (13), Sarah EL HAÏRY — Députée de Loire-Atlantique (44), Xavier BATUT — Député de Seine-Maritime (76), Mireille ROBERT — Députée de l’Aude (10), Anne BLANC — Députée de l’Aveyron (12), Annie CHAPELIER — Députée du Gard (30), Stéphane TROMPILLE — Député de l’Ain (01), Didier RAMBAUD — Sénateur de l’Isère (38), Frédérique TUFFNELL — Députée de Charente-Maritime (17), Jean-Luc LAGLEIZE — Député de Haute-Garonne (31), Marguerite DEPREZ-AUDEBERT — Députée du Pas-de-Calais (62), Patrice PERROT — Député de la Nièvre (58), Christophe AREND — Député de Moselle (57), Sira SYLLA — Députée de Seine-Maritime (76), Michèle CROUZET — Députée de l’Yonne (89), Barbara BESSOT-BALLOT — Députée de Haute-Saône (70), Jean-Luc FUGIT — Député du Rhône (69), Didier MARTIN — Député de la Côte-d’Or (21), Delphine BAGARRY — Députée des Alpes-de-Haute-Provence (04), Hervé BERVILLE — Député des Côtes-d’Armor (22),Séverine GIPSON — Députée de l’Eure (27), Xavier ROSEREN — Député de Haute-Savoie (74), Annie VIDAL — Députée de Seine-Maritime (76), François ANDRÉ — Député d’Ille-et-Vilaine (35), Hélène ZANNIER — Députée de Moselle (57), Danièle HÉRIN — Députée de l’Aude (11), Jennifer DE TEMMERMAN — Députée du Nord (59), François CORMIER-BOULIGEON — Député du Cher (18), Corinne VIGNON — Députée de Haute-Garonne (59), Grégory BESSON-MOREAU — Député de l’Aube (59), Fabienne COLBOC — Députée d’Indre-et-Loire (37), Denis MASSÉGLIA — Député du Maine-et-Loire (49), Frédérique LARDET — Députée de Haute-Savoie (74), Bruno STUDER — Député du Bas-Rhin (67), Valérie THOMAS — Députée du Puy-de-Dôme (63), Pascale BOYER— Députée des Hautes-Alpes (05), Michel LAUZZANA — Député du Lot-et-Garonne (47), Patrice ANATO — Député de Seine-Saint-Denis (93), Stéphane TESTÉ — Député de Seine-Saint-Denis (93), Anissa KHEDHER— Députée du Rhône (69), Jean-Philippe ARDOUIN — Député de Charente-Maritime (17), Dominique DA SILVA — Député du Val-d’Oise (95), Bernard BUIS — Sénateur de la Drôme (26), Caroline ABADIE — Députée de l’Isère (38)

Retrouvez la tribune ici. 

Mise en ligne le 11/09/2019

Tribune : Amazonie : des actions pour ne pas être complices de la destruction

Tribune : Amazonie : des actions pour ne pas être complices de la destruction

Alors que le taux de déforestation au Brésil a fortement baissé entre 2005 et 2015, il est depuis reparti à la hausse et atteint aujourd’hui un niveau record. Ce drame est la conséquence directe d’un affaiblissement des moyens de contrôle et d’un relâchement des sanctions contre les propriétaires terriens qui défrichent illégalement la forêt. Pire, depuis l’élection de Jair Bolsonaro, le gouvernement fédéral multiplie les messages et les actions pour encourager la déforestation. L’impunité est devenue la règle. Les violations des droits humains à l’encontre des peuples autochtones se multiplient, allant même jusqu’à l'assassinat de celles et ceux qui s’opposent à ce carnage. L’Amazonie est en flammes.

La France est l’un des principaux importateurs européens de soja, et peut-être demain de bœuf avec l’accord de libre-échange Mercosur, alors que ces deux commodités agricoles sont les principaux moteurs de la destruction de l’Amazonie et d’autres écosystèmes précieux comme le Cerrado. Manger moins de viande et de produits laitiers mais des produits de meilleure qualité, issus de filières relocalisées, est indispensable mais prendra du temps. Or, il y a urgence.

En mars 2017, notre pays a adopté une loi sur le devoir de vigilance qui oblige les très grandes entreprises à élaborer un plan comportant des mesures permettant d’identifier et de prévenir les atteintes graves aux droits humains et à l’environnement causées par leurs activités, celles de leurs filiales, sous-traitants et fournisseurs. Plus de deux ans après l’adoption de cette loi, la liste des entreprises soumises à cette loi n’est toujours pas disponible et les plans d’action connus sont aux mieux insuffisants, sinon inexistants. La conséquence est que les consommateurs français sont, malgré eux, complices de la déforestation. Pourtant, des solutions techniquesexistent permettant de tracer de façon précise les flux de soja et de bœuf. Ce qu’il manque, c’est la volonté politique pour mobiliser l’ensemble des acteurs.

La France a fait un premier pas en adoptant une stratégie nationale de lutte contre la déforestation importée, mais nous ne pouvons plus nous contenter de déclarations d’intentions ou d’engagements volontaires. La suspension de la ratification du Mercosur est une première étape qui doit être confirmée rapidement par un vote au Conseil de l’Union Européenne. Cette annonce doit être complétée dans les prochaines semaines par une rencontre avec les autorités brésiliennes pouvant se solder, en cas d’échec, par la mise en place desanctions commerciales sur les importations de soja et de bœuf du Brésil. Ces sanctions ne pourraient être levées qu’à deux conditions cumulatives : d’abord et avant tout l’arrêt effectif de toute déforestation au Brésil et ensuite la mise en place d’un plan d’action au niveau des filières, avec l’appui des pouvoirs publics, pour rendre accessible aux PME l’accès à un système de traçabilité simple et efficace permettant aux entreprises de s’assurer qu’elles n’importent pas de produits issus de la destruction des forêts ou des écosystèmes brésiliens.La transparence sur l’origine des produits doit être totale vis-à-vis des consommateurs, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

Enfin, ce dialogue avec le Brésil doit être européen et conduire à l’élaboration d’une loi garantissant qu’aucun produit issu de la déforestation, de la conversion d’écosystèmes naturels n’entre sur le marché commun. L’Europe a le pouvoir de demander aux entreprises d’assainir leurs chaines d’approvisionnements, elle l’a déjà fait en interdisant l’importation de pêche illicite et de bois illégal. Il est impératif qu’elle en fasse de même avec les commodités agricoles. Il s’agit là d’une question de cohérence face à l’urgence climatique et de solidarité avec les communautés autochtones, en première ligne pour la défense de l’Amazonie.

Liste des Députés signataires :

Matthieu Orphelin, Maine-et-Loire (NI) Dominique Potier, Meurthe-et-Moselle (PS) Sandrine Le Feur, Finistère (LREM) Erwan Balanant, Finistère (MoDem) Sophie Auconie, Indre-et-Loire (UDI) Sylvie Charrière, Seine-Saint-Denis (LREM) Guillaume Gouffier-Cha, Val-de-Marne (LREM) Laurence Maillart-Méhaignerie, Ille-et-Vilaine (LREM) Christophe Arend, Moselle (LREM) Jean-Charles Larsonneur, Finistère (LREM) Guillaume Garot, Mayenne (PS) Frédérique Tuffnell, Charente-Maritime (LREM) Sebastien Nadot, Haute-Garonne (NI) Jacques Marilossian, Hauts-de-Seine (LREM) Damien Adam, Seine-Maritime (LREM) Laurent Garcia, Meurthe-et-Moselle (MoDem) Marguerite Deprez-Audebert, Pas-de-Calais (MoDem) Cécile Untermaier, Saône-et-Loire (PS) Sandrine Josso, Loire-Atlantique (LT) Philippe Chalumeau, Indre-et-Loire (LREM) Marjolaine Meynier-Millefert, Isère (LREM) Yves Daniel, Loire-Atlantique (LREM) Elisabeth Toutut-Picard, Haute-Garonne (LREM) Stéphane VIRY, Vosges (LR) Régis Juanico, Loire (PS) Annie Chapelier, Gard (LREM) François-Michel Lambert, Bouches-du-Rhône (LT) Anne Blanc, Aveyron (LREM) Frederique Lardet, Haute-Savoie (LREM) Pierre-Yves Bournazel, Paris (UDI) Martine Wonner, Bas-Rhin (LREM) Anne-France Brunet, Loire-Atlantique (LREM) Bertrand Sorre, Manche (LREM) Olivier Falorni, Charente-Maritime (LT) Fabienne Colboc, Indre-et-Loire (LREM) Delphine Bagarry, Alpes-de-Haute-Provence (LREM) Laurence Vanceunebrock-Mialon, Allier (LREM) Eric Alauzet, Doubs (LREM) Patrice Perrot, Nièvre (LREM) Maina Sage, Polynésie française (UDI) Cédric Villani, Essonne (LREM) Cathy Racon-Bouzon, Bouches-du-Rhône (LREM) Frédérique Dumas, Hauts-de-Seine (LT) Jennifer De Temmerman, Nord (LREM) Delphine Batho, Deux-Sèvres (NI)

Liste des ONG signataires :

Xavier Morin, président de Canopée Jacques Caplat, secrétaire général d'Agir pour l'Environnement Gilliane Le Gallic, Présidente de Alofa Tuvalu Jonathan Guyot, président de all4trees Margaux Sabourin, présidente de Coeur de Forêt Hannah Mowat, coordinatrice des campagnes de Fern Alain Grandjean, président de la Fondation Nicolas Hulot Michel Dubromel, Président de France Nature Environnement Charly Hopp, Président de I-buycott Galitt Kenan, Directrice du Jane Goodall Institute France Allain Bougrain Dubourg, Président de la LPO

Barbara Réthoré, co-fondatrice de Natexplorers Clotilde Bato, Présidente de Notre Affaire à Tous Magali Payen, Fondatrice On est prêt! Philippe Quirion, Président du Réseau Action Climat Sandra Cossart, directrice de Sherpa Sébastien Mabile, président de la commission droit et politiques environnementales de l’UICN-France

Retrouvez la tribune ici.

Le JDD - 31/08/2019

Mise en ligne le 03/09/2019
TRIBUNE - 46 députés et 17 ONG réagissent aux feux en Amazonie causés par l'accélération de la déforestation. Ils demandent à l'Europe d'agir pour garantir qu'aucun produit issu de la déforestation n'entre sur le marché commun.

Impact de la sècheresse sur l'agriculture

Dans le cadre des Questions au Gouvernement, le 24 juillet 2019, Christophe Arend et Jean-Claude Leclabart ont interrogé le Gouvernement sur les mesures qu'il entend prendre pour aider les agriculteurs qui font face à la sècheresse. 

M. Jean-Claude Leclabart. J’associe mon collègue Christophe Arend à ma question.

Monsieur le ministre de l’agriculture et de l’alimentation, les aléas climatiques tels que la sécheresse sont difficilement prévisibles et peuvent avoir de lourdes conséquences sur les exploitations agricoles. Certes, les périodes de sécheresse peuvent être accentuées du fait de l’activité humaine, mais ce sont des phénomènes naturels auxquels il faut s’attendre, et qu’il faut donc prévenir.La France n’a pas peur ; elle a soif. Soixante-treize départements sont soumis à des restrictions d’eau. L’ampleur de la crise agricole dépasse le cadre de mon intervention. Sont en jeu des vies d’agriculteurs et l’avenir de leurs familles ; une agriculture forte et vertueuse est indispensable pour les intérêts de la nation.

Il est donc primordial d’anticiper et d’appliquer un ensemble de mesures concrètes : l’allégement des charges de trésorerie des exploitations tout autant qu’une adaptation du dispositif des calamités agricoles à la réalité du terrain ; la mise en place d’un « aliment sécheresse » afin d’éviter que les prix ne flambent ; des aides d’urgence et spécifiques pour les filières d’élevage.De plus, il nous faut réfléchir à des mesures à moyen et long terme. Une gestion intelligente de l’eau est devenue indispensable afin de permettre aux agriculteurs de prévenir la sécheresse. Il convient d’accélérer et de vulgariser à grande échelle l’agroécologie et l’agriculture de conservation. Enfin, il faut rendre accessible et pertinente l’assurance climatique, puisque seulement un quart des surfaces françaises sont assurées.N’ajoutons pas de la souffrance à la souffrance d’une profession qui est montrée du doigt malgré ses efforts permanents. Disons haut et fort que nous ne laisserons tomber aucun paysan, comme l’affirme souvent le Gouvernement à propos des nombreux salariés laissés sur le carreau par les fermetures industrielles.Monsieur le ministre, quelles mesures fortes le Gouvernement compte-t-il prendre pour venir en aide aux agriculteurs, afin de passer ce cap difficile et d’anticiper l’avenir ? (Applaudissements sur quelques bancs des groupes LaREM et MODEM.)

M. le président. La parole est à M. le ministre de l’agriculture et de l’alimentation.

M. Didier Guillaume, ministre de l’agriculture et de l’alimentation. Je ne retire rien à votre exposé, ni à votre question.

Le Gouvernement soutient les propositions que vous avez formulées ; c’est ce que nous essayons de faire.Vous avez raison : nous ne devons laisser aucun agriculteur au bord du chemin ou, plutôt, au bord d’un champ, au moment où les difficultés s’accumulent. Comme vous l’avez dit, les difficultés climatiques sont appelées à se reproduire régulièrement. 

Nous travaillons à plusieurs niveaux, d’abord à la réponse conjoncturelle. Nous avons déclaré trente-trois départements en situation d’urgence. Nous allons y autoriser les agriculteurs à faucher les jachères – ce que l’Union européenne n’accepte pas en théorie –, afin qu’ils puissent engranger de la nourriture pour leurs animaux. Toutefois, cela ne suffit pas : dans la mesure où soixante-quatorze départements sont en vigilance orange, il faut que la Commission européenne lâche du lest pour qu’il soit possible de faucher les jachères dans un nombre bien supérieur de départements ; c’est tout le travail que je mène en ce moment.

Je parle des jachères des éleveurs comme de celles des céréaliers. Cette mesure est absolument indispensable. D’autre part, nous avons obtenu pour le mois d’octobre, moment où les éleveurs seront amenés à acheter du fourrage pour leur bétail, une aide de 1 milliard d’euros, qui leur permettra de disposer de la trésorerie indispensable. 

De plus, nous les exonérons de taxe foncière sur les propriétés non bâties et nous reporterons le versement des cotisations à la Mutualité sociale agricole.

Enfin, nous avons engagé deux grandes réformes, qui devraient aboutir assez rapidement. Premièrement, nous allons lancer un grand plan d’aménagement de retenues d’eau collectives par bassin, afin de pouvoir irriguer et de rendre notre agriculture résiliente. 

Deuxièmement, nous allons mener un grand travail en vue d’instituer une assurance généralisée, qui permettra aux agriculteurs de recevoir des revenus lorsque la situation l’exige. 

La situation est grave ; le Gouvernement soutient son agriculture et ses agriculteurs. 

Retrouvez la vidéo ici. 

Mise en ligne le 26/07/2019

Le climat, un enjeu de sécurité nationale

Le climat, un enjeu de sécurité nationale

Dans une tribune au Parisien, 43 députés LREM* pointent les «risques majeurs» pour la paix du dérèglement climatique. Dans ce combat, «les institutions de Défense, et les Armées en particulier, sont directement concernées», soulignent-ils.

« Ce jeudi 27 juin, l'Assemblée nationale a voté l'urgence écologique et climatique. Si la canicule qui frappe le territoire national nous donne un avant-goût des conséquences du dérèglement climatique, c'est plus encore l'existence de risques majeurs pour notre sécurité nationale qui nous inquiète.

En effet, la raréfaction des ressources naturelles est démultiplicatrice de crises. Rappelons-nous que la sécheresse, qui a frappé la Syrie de 2006 à 2011, a contraint de nombreux paysans à abandonner leurs terres, puis à prendre les armes. En moins de 10 ans, la Syrie est devenue un pays exsangue, formant une base arrière du djihadisme international. S'en est suivi également un exode de 5 millions de réfugiés, mettant à rude épreuve la cohésion européenne. Et ce n'est qu'un début car les experts de l'ONU estiment à 200 fois plus le nombre de migrants climatiques dans le monde d'ici 2050, soit 1 milliard de personnes ! Cette situation posera des défis humanitaires et sécuritaires considérables voire insolubles.

Autre exemple en Arctique, où le recul spectaculaire de la banquise suscite d'ores et déjà un regain d'intérêt pour ses ressources énergétiques potentielles, ce qui ne manquera pas de la transformer en nouveau théâtre d'affirmation de puissances. Ce patrimoine naturel commun devra être défendu.

Face à ces évolutions, les institutions de Défense, et les Armées en particulier, sont directement concernées. Elles doivent d'abord évaluer les conséquences de ce dérèglement climatique, en prenant en compte les hypothèses les plus sombres, afin d'éclairer les décisions nationales. Le ministère des Armées a cette capacité de se projeter à horizon 2070, date à laquelle les grands équipements qu'il conçoit actuellement seront encore en service. A partir de leurs capacités prospectives, les Armées sont donc les plus crédibles pour confirmer que des situations catastrophiques « là-bas » auront des effets très difficilement gérables « ici ». D'ores et déjà, un observatoire « Défense et climat » a été mis en place au ministère des Armées.

Et parce que le pire est encore évitable, les Armées doivent également, comme tout acteur de la nation, intensifier leurs efforts en matière de lutte contre le dérèglement climatique, sans préjudice sur leurs capacités opérationnelles. Des premières actions ont été lancées en matière de développement durable, de la déconstruction de navires à l'écoconception des équipements de défense.

D'ailleurs, les démarches de développement durable contribuent parfois utilement à la capacité opérationnelle. En opérations, la dépendance aux carburants limite les capacités de projection et expose les convois de ravitaillement à des risques importants. Recourir à la motricité électrique permet, par exemple, d'améliorer la furtivité de nos forces. C'est pourquoi, l'énergie solaire est en 2019 l'une des trois priorités d'innovation de l'armée de Terre. La France, en pointe sur le sujet, est chef de file d'un projet européen sur la « fonction énergie opérationnelle », financé par des fonds européens. Nul doute que toute avancée technologique portée par le besoin militaire aura des applications civiles et inversement. La bataille pour le climat et la bataille pour la paix ont donc des ressorts communs. A nous de savoir intelligemment cumuler ces énergies !

Les enjeux de Défense ont, depuis toujours, constitué de puissants moteurs de mobilisation individuelle et collective. Notre sécurité nationale nous impose désormais de mener tous ensemble un combat déterminé contre le dérèglement climatique car agir pour le climat, c'est aussi agir pour la paix ! »

Les signataires

Thomas Gassilloud, député du Rhône et rapporteur du budget de l'armée de Terre ; Christophe Arend, député de Moselle ; Jean-Philippe Ardouin, député de Charente-Maritime ; Delphine Baggary, députée des Alpes-de-Haute-Provence ; Didier Baichère, député des Yvelines ; Xavier Batut, député de Seine-Maritime ; Mounir Belhamiti, député de Loire-Atlantique ; Christophe Blanchet, député du Calvados ; Aude Bono-Vendorme, députée de l'Aisne et rapporteur au budget de la Gendarmerie ; Jean-Jacques Bridey, député du Val-de-Marne et président de la commission de la Défense nationale et des Forces armées ; Eric Bothorel, député des Côtes-d'Armor ; Blandine Brocard, députée du Rhône ; Carole Bureau-Bonnard, députée de l'Oise et vice-présidente de l'Assemblée nationale ; Philippe Chalumeau, député d'Indre-et-Loire et whip de la commission de la Défense nationale et des Forces armées ; Stéphane Claireaux, député de Saint-Pierre-et-Miquelon ; Olivier Damaisin, député du Lot-et-Garonne ; Stéphanie Do, députée de Seine-et-Marne ; Loïc Dombreval, député des Alpes-Maritimes ; Françoise Dumas, députée du Gard, vice-président de la commission de la Défense nationale et des Forces armées ; Philippe Folliot, député du Tarn ; Pascale Fontenel-Personne, députée de la Sarthe ; Danièle Hérin, députée de l'Aude ; Séverine Gipson, députée de l'Eure ; Fabien Gouttefarde, député de l'Eure ; Benjamin Griveaux, député de Paris et ancien porte-parole du gouvernement ; Stanislas Guerini, député de Paris et Délégué général de la République en Marche ; Jean-Michel Jacques, député du Morbihan et vice-président de la commission de la Défense nationale et des Forces armées ; Loïc Kervran, député du Cher ; Jean-Charles Larsonneur, député du Finistère et rapporteur au programme « Equipement des forces » ; Christophe Lejeune, député des Haute-Saône ; Jacques Marilossian, député des Hauts-de-Seine et rapporteur du budget de la Marine ; Sereine Mauborgne, députée du Var ; Claire O'petit, députée de l'Eure ; Natalia Pouzyreff, députée des Yvelines ; Laurianne Rossi, députée des Hauts-de-Seine et questeure ; Jean-Bernard Sempastous, député des Hautes-Pyrénées ; Jennifer De Temmerman, députée du Nord ; Sabine Thillaye, députée d'Indre-et-Loire et présidente de la commission des Affaires européennes ; Stéphane Trompille, député de l'Ain ; Frédérique Tuffnell, députée de Charente-Maritime ; Alexandra Valetta-Ardisson, députée des Alpes-Maritimes ; Laurence Vanceunebrock-Mialon, députée de l'Allier ; Martine Wonner, députée du Bas-Rhin et vice-présidente de la commission des Affaires sociales.

Retrouvez la tribune ici. 

Le Parisien - 23/08/2019

Mise en ligne le 26/07/2019