Tribune : l'écologie avance

Tribune : l'écologie avance

Matthieu Orphelin, Sarah El Haïry, Hugues Ranson, Barbara Pompili, Sacha Houlié, Sandrine Le Feur et 111 député-es de la majorité publient une tribune pour prendre la défense de l'action du gouvernement en matière écologique. Voici leur texte.

Depuis un an, l’action du gouvernement et de la majorité présidentielle est-elle à la hauteur des enjeux écologiques ? Nicolas Hulot et les écologistes qui l’accompagnent obtiennent-ils des avancées suffisantes ? Vaste débat !

Loin de nous l’idée de faire à la place de Nicolas Hulot le bilan qu'il a annoncé faire pour cet été.

Mais, avant cette évaluation, il est utile de partager quelques éléments factuels d’appréciation. Utile à celles et ceux qui veulent se forger une conviction, à certains qui doutent et qui voudraient -et ils ont à notre sens raison- que cela avance plus vite, à quelques écologistes politiques qui aiment tant crier à l’échec dans les médias, et dont les voix se mêlent à celles des lobbies qui voudraient eux aussi notre échec.

Pour faire le bilan, il faut bien sûr d’abord considérer ce sur quoi nous nous étions engagés dans le projet présidentiel porté par Emmanuel Macron. Quelques exemples parmi d’autres : fin des hydrocarbures en France, prime à la conversion automobile et bientôt prime à la rénovation énergétique dès la réalisation des travaux, basculement programmé vers une fiscalité écologique (contribution climat énergie, diesel), développement de l’économie circulaire et hausse de la TGAP décharge, fin des véhicules essence et diesel en 2040, 50% de produits de qualité dans la restauration collective d’ici 2022, séparation du conseil et de la vente des pesticides… Tout cela est fait ou en cours. Concrétiser nos engagements était le minimum ; notons que nos prédécesseurs n’avaient pas toujours eu cette volonté, nous conduisant à l’impasse (sur la date de 2025 sur le nucléaire, sur les importations d’huile de palme).

On est allé plus loin que le projet présidentiel

Mais notre action ne s’est pas limitée à ce qui était prévu dans le projet présidentiel. One planet summit, arrêt du projet d’aéroport à NDDL, objectif de neutralité carbone en 2050, sortie du glyphosate en 3 ans, concrétisation des 6 parcs éoliens en mer avec une utile renégociation financière, baisse de la TVA pour les collectivités sur la prévention et le tri des déchets, inscription du climat et de la biodiversité dans la constitution, 20% de bio dans les cantines scolaires et triplement des surfaces en bio, plans de diversification des protéines, prise en compte des migrations climatiques dans la loi française… Quel point commun entre toutes ces avancées ? Aucune n’était prévue dans notre projet présidentiel ! Aucune. Elles vont plus loin que notre projet initial et doivent beaucoup à Nicolas Hulot.

Beaucoup reste à faire

Enfin, les prochaines semaines seront déterminantes sur des points stratégiques. Arbitrages du plan vélo (infrastructures dédiées, généralisation de l’indemnité kilométrique vélo), mesures pour lutter contre la pollution de l’air, scénario retenu pour les infrastructures routières et ferroviaires pour les 20 années à venir -et mesures liées pour en assurer le financement-, programmation pluriannuelle de l’énergie pour concrétiser un nouveau rythme de déploiement des énergies renouvelables et de diminution du nucléaire, plan biodiversité et mesures pour mettre fin à l’artificialisation des sols, lutte contre la déforestation importée… Autant d’arbitrages (et de nécessaires budgets correspondants) si essentiels pour mettre notre pays sur la voie irréversible de la transition écologique.

Nous sommes lucides : rien n’est parfait et beaucoup reste à faire. Mais c’est sur cette base que le bilan devra donc être fait. Sereinement, et en conscience. Avec en tête la seule question qui vaille : sommes-nous à la hauteur des enjeux ?

Voici la liste complète des 111 signataires :

Matthieu Orphelin, député du Maine-et-Loire - Sarah El Haïry, députée de Loire-Atlantique - Hugues Renson, député de Paris - Barbara Pompili, députée de la Somme - Sacha Houlié, député de la Vienne - Sandrine Le Feur, députée du Finistère - Bérangère Abba, députée de la Haute-Marne - Damien Adam, député de Seine-Maritime - Éric Alauzet, député du Doubs - Christophe Arend, député de Moselle - Delphine Bagarry, députée des Alpes-de-Haute-Provence - Didier Baichère, député des Yvelines - Erwan Balanant, député du Finistère - Jean-Noël Barrot, député des Yvelines - Philippe Berta, député du Gard - Anne Blanc, députée de l’Aveyron - Éric Bothorel, député des Côtes-d'Armor - Pascale Boyer, députée des Hautes-Alpes - Danielle Brulebois, députée du Jura - Carole Bureau-Bonnard, députée de l’Oise - Stéphane Buchou, député de Vendée - Jean-François Cesarini, député du Vaucluse - Philippe Chalumeau, député d’Indre-et-Loire - Annie Chapelier, députée du Gard - Sylvie Charrière, députée de Seine-Saint-Denis - Guillaume Chiche, député des Deux-Sèvres - Mireille Clapot, députée de la Drôme - Jean-Charles Colas-Roy, député de l’Isère - Fabienne Colboc, députée d’Indre-et-Loire - Bérangère Couillard, députée de la Gironde - Yolaine De Courson, députée de Côte-d’Or - Michel Delpon, député de la Dordogne - Marguerite Deprez-Audebert, députée du Pas-de-Calais - Jennifer De Temmerman, députée du Nord - Loïc Dombreval, député des Alpes-Maritimes - Jacqueline Dubois, députée de la Dordogne - Stella Dupont, députée du Maine-et-Loire - Catherine Fabre, députée de la Gironde - Isabelle Florennes, députée des Hauts-de-Seine - Pascale Fontenel-Personne, députée de la Sarthe - Jean-Luc Fugit, député du Rhône - Grégory Galbadon, député de la Manche - Patricia Gallerneau, députée de Vendée - Laurent Garcia, député de Meurthe-et-Moselle - Laurence Gayte, députée des Pyrénées-Orientales - Raphaël Gérard, député de Charente-Maritime - Éric Girardin, député de la Marne - Guillaume Gouffier-Cha, député du Val-de-Marne - Fabien Gouttefarde, député de l’Eure - Émilie Guerel, députée du Var - Véronique Hammerer, députée de la Gironde - Alexandre Holroyd, député des Français établis hors de France - Sandrine Josso, députée de Loire-Atlantique - Hubert Julien-Laferrière, député du Rhône - Yannick Kerlogot, député des Côtes-d'Armor - Jean-Luc Lagleize, député de Haute-Garonne - François-Michel Lambert, député des Bouches-du-Rhône - Mohamed Laqhila, député des Bouches-du-Rhône - Jean-Luc Lagleize, député de Haute-Garonne - Frédérique Lardet, députée de Haute-Savoie - Jean-Charles Larsonneur, député du Finistère - Fiona Lazaar, députée du Val-d'Oise - Fabrice Le Vigoureux, député du Calvados - Aude Luquet, députée de Seine-et-Marne - Jacques Maire, député des Hauts-de-Seine - Sandra Marsaud, députée de Charente - Denis Masséglia, député du Maine-et-Loire - Sereine Mauborgne, députée du Var - Ludovic Mendes, député de Moselle - Monica Michel, députée des Bouches-du-Rhône - Thierry Michels, député du Bas-Rhin - Bruno Millienne, député des Yvelines - Patricia Mirallès, députée de l’Hérault - Paul Molac, député du Morbihan - Sandrine Mörch, députée de Haute-Garonne - Cécile Muschotti, députée du Var - Sébastien Nadot, député de Haute-Garonne - Catherine Osson, députée du Nord - Jimmy Pahun, député du Morbihan - Xavier Paluszkiewicz, député de Meurthe-et-Moselle - Sophie Panonacle, députée de Gironde - Zivka Park, députée du Val-d'Oise - Alain Perea, député de l’Aude - Patrice Perrot, député de la Nièvre - Bénédicte Peyrol, députée de l’Allier - Damien Pichereau, député de la Sarthe - Benoit Potterie, député du Pas-de-Calais - Pierre-Alain Raphan, député de l’Essonne - Cécile Rilhac, députée du Val-d'Oise - Véronique Riotton, députée de Haute-Savoie - Mireille Robert, députée de l’Aude - Laëtitia Romeiro Dias, députée de l’Essonne - Xavier Roseren, député de Haute-Savoie - Nathalie Sarles, députée de la Loire - Benoit Simian, député de la Gironde - Denis Sommer, député du Doubs - Bertrand Sorre, député de la Manche - Sira Sylla, députée de Seine-Maritime - Aurélien Taché, député du Val-d'Oise - Stéphane Testé, député de Seine-Saint-Denis - Vincent Thiébaut, député du Bas-Rhin - Valérie Thomas, députée du Puy-de-Dôme - Huguette Tiegna, députée du Lot - Élisabeth Toutut-Picard, députée de Haute-Garonne - Nicole Trisse, députée de la Moselle - Frédérique Tuffnell, députée de Charente-Maritime - Laurence Vanceunebrock-Mialon, députée de l’Allier - Guillaume Vuilletet, député du Val-d'Oise - Sylvain Waserman, député du Bas-Rhin - Martine Wonner, députée du Bas-Rhin - Jean-Marc Zulesi, député des Bouches-du-Rhône

Retrouvez la tribune sur le site de Ouest France. 

Mise en ligne le 04/07/2018

Tribune : PPE : donnons plus de pouvoirs au Parlement !

2018 constitue un tournant pour la politique énergétique de la France : c’est l’année de la révision de la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE). Il s’agit de définir notre feuille de route de la transition énergétique pour l’avenir.

Cependant, la PPE est un décret, elle relève donc du pouvoir réglementaire, et plus particulièrement de celui du ministère de la Transition écologique et solidaire.

Nous regrettons que la représentation nationale, le Parlement, ne soit pas réellement saisie au fond, par la rédaction d’une loi, face à des enjeux aussi stratégiques que ceux que posent la PPE sur l’avenir énergétique de notre pays.

Les commissions « développement durable » et « affaires économiques » de l’Assemblée nationale ont ainsi choisi de mener des auditions communes, mercredi 13 juin dernier, afin d’écouter les ONG, les syndicats, les associations de professionnels, les industriels du gaz, ceux de l’électricité et les représentants des énergies renouvelables, etc.

Ce n’est pas suffisant !

Nous, parlementaires, souhaitons nous engager au-delà. Le Parlement, dans son ensemble, et la majorité présidentielle, en particulier, doivent être en première ligne dans la définition du cap énergétique à tenir. La PPE doit être à la hauteur du « Plan climat » ; elle doit refléter les engagements pris par la loi mettant fin à l’exploitation des hydrocarbures en France à l’horizon 2040, elle doit être en phase avec le Plan de rénovation énergétique des bâtiments et elle doit inspirer la prochaine Loi d’Orientation des Mobilités (LOM) afin d’assurer la réussite de la transition énergétique dans l’ensemble des secteurs énergivores.

Pour réussir à tenir ces objectifs forts pour notre avenir énergétique et démontrer notre détermination collective à agir en faveur du climat, nous proposons :

  • Une loi et non un simple décret pour la PPE. Tous les 5 ans, le Parlement devrait pouvoir se saisir par la rédaction d’une loi cadre, du grand débat de réactualisation sur l’avenir énergétique de la France. Une commission de suivi devrait contrôler la bonne application de la loi et le respect des engagements pris.
  • Une PPE ambitieuse. Il faut que, bien que nous ayons acté le fait de repousser la date de 2025 pour la réduction à 50% de la part du nucléaire dans notre mix électrique, nous restions très ambitieux sur la montée en puissance des ENR et sur l’investissement dans les actions en matière d’efficacité énergétique.
  • L’inscription à l’Article 1 de la Constitution, et non à l’Article 34, de l’impératif d’assurer la préservation de l’environnement. Un signal fort pour la lutte contre les changements climatiques et la protection de la biodiversité !

La Programmation Pluriannuelle de l’Énergie est l’affaire de tous et ne doit surtout pas être réservée aux seuls experts ! La Commission Nationale du Débat Public (CNDP) a d’ailleurs organisé un grand débat citoyen de mars à juin de cette année et près d’une centaine de réunions publiques sur tout le territoire. 400 citoyens ont également été tirés au sort pour débattre des orientations de la PPE.

Le Président de l’Assemblée nationale, François de Rugy, a accueilli la restitution de ces 400 citoyens, le 9 juin dernier, à l’Hôtel de Lassay. Nous tenons à saluer le travail de la CNDP et l’engagement de nos concitoyens en faveur de l’avenir de notre politique énergétique.

Nous le rappelons, les choix d’aujourd’hui auront un impact à court, moyen et long termes pour notre avenir énergétique et climatique. Il faudra répondre à trois impératifs majeurs :

  • Lutter contre le réchauffement climatique. Le Président Emmanuel Macron a réaffirmé le rôle primordial de la France lors du One Planet Summit, le 12 décembre 2017. Les Français, comme leurs partenaires internationaux, doivent diminuer davantage leurs émissions de CO2 et transformer durablement leurs modes de vie et de production.
  • Fixer une date crédible et irrévocable de réduction de la part du nucléaire à 50% dans notre mix énergétique, en gardant l’approche pragmatique portée par Nicolas Hulot. 2025 était irréaliste, ce nouvel objectif doit être assorti de moyens et reconnu comme un cap commun pour et par l’ensemble des acteurs de l’énergie.
  • Investir massivement dans toutes les mesures permettant de réduire nos consommations d’énergies (bâtiment, industrie, transport,…) et accroître nos efforts en matière de Recherche et Développement pour faire de la France un leader dans les technologies d’avenir (stockage, autoconsommation, réseaux intelligents, hydrogène,…).

Qui mieux que la représentation nationale pour réfléchir, débattre et répondre à ces défis pour et au nom des Françaises et des Français ?

Retrouvez la tribune dans Le Monde. 

Mise en ligne le 02/07/2018

QAG : les relations franco-allemandes infographie
Mise en ligne le 27/06/2018

QAG : les relations franco-allemandes

Christophe Arend a posé une question au Gouvernement dans le cadre du sommet de Meseberg et de l'élaboration de nouveau Traité de Versailles. 

Mise en ligne le 27/06/2018

Tribune : Appuyons rapidement sur l’accélérateur du moteur franco-allemand

8 juin 2018 - Réponse des parlementaires français à l'interview sur l'Europe d'Angela Merkel dans le Frankfurter Allgmeine Zeitung.

Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, le leadership européen de la France est acté. Le volontarisme du président dans l’Union est à la mesure de la campagne europhile qu’il a menée contre toute attente en 2017.

Deux ans après le Brexit et dans un contexte où de nombreux pays cèdent aux sirènes eurosceptiques, en Autriche, en Pologne, plus récemment en Italie ou en Slovaquie, nous attendions la réponse de l’Allemagne aux appels français.

Plusieurs mois après les élections fédérales et la constitution de sa grande coalition avec les socio-démocrates, Mme Merkel vient de répondre, par l’intermédiaire d’une interview au Frankfurter Allgemeine Zeitung, aux propositions mises sur la table par la France.

La position de Mme Merkel indique clairement que le moteur franco-allemand va redémarrer. Au vu de ce qui la façon dont le G7 se tend en réaction aux sanctions commerciales américaines, nous ne pouvons que nous en réjouir. Nous devons même inviter Emmanuel Macron et Angela Merkel à commencer le plus rapidement possible à promouvoir un agenda commun aussi ambitieux.

Vers une Force européenne d’intervention militaire

En décembre 2017, le Conseil européen s’est accordé sur la mise en place d’une coopération structurée permanente en matière de défense. 25 Etats membres ont convenu d’augmenter ensemble leurs investissements de défense, de partager leur doctrine, de renforcer leur interopérabilité et de mettre en place des programmes communs d’armement via l’Agence européenne de Défense.

Aujourd’hui, la France comme l’Allemagne souhaitent aller plus loin par la création d’une force européenne d’intervention militaire. Alors que les menaces intérieures et extérieures ne cessent de se raffermir dans un contexte stratégique inquiétant, ce volontarisme européen est le bienvenu.

Les Européens doivent apprendre à défendre leur souveraineté sans dépendre des Etats-Unis.

Vers un Fonds monétaire européen

Après l’établissement du Mécanisme européen de Stabilité en 2012, la zone Euro s’est donnée les premiers moyens de gérer une crise de surendettement d’un Etat membre.

Mais là-aussi, le volontarisme franco-allemand sera décisif. Nous avons besoin d’un Fonds monétaire européen (FME) capable de prêter à long terme comme à court terme à un Etat membre pour faire face à une crise de solvabilité comme à une crise de liquidité.

Nous avons besoin d’un FME indépendant du FMI, c’est-à-dire libéré du veto potentiel des Etats-Unis sur tout programme de sauvetage…

En matière économique et financière comme en matière de défense, notre autonomie stratégique est essentielle. La réponse d’Angela Merkel aux propositions d’Emmanuel Macron est donc très intéressante.

D’autres éléments de réponse feront débat : la Chancelière allemande accepte l’idée d’un budget d’investissement de 10 milliards d’euros pour l’Union alors que le président français souhaitait une relance budgétaire à hauteur de plusieurs points de PIB. Nous souhaitons que ces débats progressent à l’approche des élections récentes alors que l’aspiration des peuples à une véritable relance budgétaire s’est exprimée à travers toute l’Union.

En attendant ce débat, nous nous réjouissons déjà de voir la relance franco-allemande sur le point de démarrer. Pourvu qu’elle commence très rapidement pour montrer aux Européens tous les bénéfices de l’Union d’ici les élections européennes.

Par Christophe AREND, Député, Président du groupe d’amitié parlementaire France-Allemagne et Jean-Michel JACQUES, Député, Vice-président de la commission de la défense et des forces armées.

Retrouvez la tribune ici. 

Mise en ligne le 25/06/2018