QAG : les relations franco-allemandes infographie
Mise en ligne le 27/06/2018

QAG : les relations franco-allemandes

Christophe Arend a posé une question au Gouvernement dans le cadre du sommet de Meseberg et de l'élaboration de nouveau Traité de Versailles. 

Mise en ligne le 27/06/2018

Tribune : Appuyons rapidement sur l’accélérateur du moteur franco-allemand

8 juin 2018 - Réponse des parlementaires français à l'interview sur l'Europe d'Angela Merkel dans le Frankfurter Allgmeine Zeitung.

Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, le leadership européen de la France est acté. Le volontarisme du président dans l’Union est à la mesure de la campagne europhile qu’il a menée contre toute attente en 2017.

Deux ans après le Brexit et dans un contexte où de nombreux pays cèdent aux sirènes eurosceptiques, en Autriche, en Pologne, plus récemment en Italie ou en Slovaquie, nous attendions la réponse de l’Allemagne aux appels français.

Plusieurs mois après les élections fédérales et la constitution de sa grande coalition avec les socio-démocrates, Mme Merkel vient de répondre, par l’intermédiaire d’une interview au Frankfurter Allgemeine Zeitung, aux propositions mises sur la table par la France.

La position de Mme Merkel indique clairement que le moteur franco-allemand va redémarrer. Au vu de ce qui la façon dont le G7 se tend en réaction aux sanctions commerciales américaines, nous ne pouvons que nous en réjouir. Nous devons même inviter Emmanuel Macron et Angela Merkel à commencer le plus rapidement possible à promouvoir un agenda commun aussi ambitieux.

Vers une Force européenne d’intervention militaire

En décembre 2017, le Conseil européen s’est accordé sur la mise en place d’une coopération structurée permanente en matière de défense. 25 Etats membres ont convenu d’augmenter ensemble leurs investissements de défense, de partager leur doctrine, de renforcer leur interopérabilité et de mettre en place des programmes communs d’armement via l’Agence européenne de Défense.

Aujourd’hui, la France comme l’Allemagne souhaitent aller plus loin par la création d’une force européenne d’intervention militaire. Alors que les menaces intérieures et extérieures ne cessent de se raffermir dans un contexte stratégique inquiétant, ce volontarisme européen est le bienvenu.

Les Européens doivent apprendre à défendre leur souveraineté sans dépendre des Etats-Unis.

Vers un Fonds monétaire européen

Après l’établissement du Mécanisme européen de Stabilité en 2012, la zone Euro s’est donnée les premiers moyens de gérer une crise de surendettement d’un Etat membre.

Mais là-aussi, le volontarisme franco-allemand sera décisif. Nous avons besoin d’un Fonds monétaire européen (FME) capable de prêter à long terme comme à court terme à un Etat membre pour faire face à une crise de solvabilité comme à une crise de liquidité.

Nous avons besoin d’un FME indépendant du FMI, c’est-à-dire libéré du veto potentiel des Etats-Unis sur tout programme de sauvetage…

En matière économique et financière comme en matière de défense, notre autonomie stratégique est essentielle. La réponse d’Angela Merkel aux propositions d’Emmanuel Macron est donc très intéressante.

D’autres éléments de réponse feront débat : la Chancelière allemande accepte l’idée d’un budget d’investissement de 10 milliards d’euros pour l’Union alors que le président français souhaitait une relance budgétaire à hauteur de plusieurs points de PIB. Nous souhaitons que ces débats progressent à l’approche des élections récentes alors que l’aspiration des peuples à une véritable relance budgétaire s’est exprimée à travers toute l’Union.

En attendant ce débat, nous nous réjouissons déjà de voir la relance franco-allemande sur le point de démarrer. Pourvu qu’elle commence très rapidement pour montrer aux Européens tous les bénéfices de l’Union d’ici les élections européennes.

Par Christophe AREND, Député, Président du groupe d’amitié parlementaire France-Allemagne et Jean-Michel JACQUES, Député, Vice-président de la commission de la défense et des forces armées.

Retrouvez la tribune ici. 

Mise en ligne le 25/06/2018

Tribune : Des élus LREM appellent Total à renoncer à l'huile de palme

Tribune : Des élus LREM appellent Total à renoncer à l'huile de palme

Il y a quelques jours, Nicolas Hulot a autorisé l'importation de 300.000 tonnes de ce produit décrié.

Par L'Obs Publié le 24 mai 2018 à 13h55

Des élus LREM, dont Matthieu Orphelin et François-Michel Lambert, appellent, dans une lettre ouverte, le PDG de Total, Patrick Pouyanné, à "renoncer à l'huile de palme". 

Quelques jours après l'engagement affiché de Total à "limiter l'approvisionnement en huile de palme brute" de sa bio-raffinerie de La Mède (Bouches-du-Rhône), les élus demandent à l'entreprise française d'aller plus loin : 

"Monsieur le président, vous seriez visionnaire en faisant à présent un geste fort pour la planète en renonçant à ces 300.000 tonnes d'huile de palme ! C'est un geste à votre portée qui s'inscrit dans les orientations prônées par Nicolas Hulot comme il l'a si bien répété le 22 mai à l'Assemblée nationale : 'Chacun doit se questionner sur ce qu'il peut faire pour protéger la biodiversité.'"

Le groupe pétrolier a lancé en 2015 le projet de transformation de sa raffinerie de La Mède, près de l'étang de Berre, alors déficitaire. Il a cessé d'y raffiner du brut et l'a convertie, au prix d'un investissement de 275 millions d'euros, en y installant notamment un dépôt pétrolier, une ferme solaire, un centre de formation et cette bio-raffinerie.

Le 16 mai, le ministre de l'Ecologie Nicolas Hulot avait interpellé la direction de Total, lui demandant de "réduire au maximum l'utilisation d'huile de palme" et "d'essayer d'année en année de réduire la part d'huile de palme et d'augmenter la part d'huiles usagées".

Toutefois, avec son feu vert, la préfecture des Bouches-du-Rhône a autorisé Total à exploiter sa bio-raffinerie et a importé au moins 300.000 tonnes d'huile de palme par an, ce qui représente une augmentation des importations françaises de ce produit de 36%. 

"On ne peut pas avoir tout du jour au lendemain", a-t-il ajouté.

Déforestation

En avril, les ONG Greenpeace et les Amis de la Terre, citant un document de la préfecture des Bouches-du-Rhône, avaient affirmé que le site consommait 550.000 tonnes d'huilede palme par an, faisant bondir de 64% les importations françaises d'unehuiledont la production en Malaisie et en Indonésie entraîne une déforestation fragilisant l'écosystème.

Face aux critiques, Total s'est engagé à se fournir enhuiles de palme "labellisées", selon ce document. Ces systèmes de certification sont toutefois jugés insuffisants par des ONG et des industriels.

Dans leur lettre, les élus LREM rappellent eux aussi :

"Vous savez que l'huile de palme reste une matière première à haut risque dont la production est la première cause de déforestation en Indonésie et en Malaisie. Toutes les trois minutes environ un champ de couvert forestier équivalent à un terrain de football est transformé en champ de palmiers à huile.Le bilan carbone est tout aussi lourd en raison des rejets de gaz à effet de serre des forêts qui sont brûlées avant d'être défrichées. Cette surexploitation à l'échelle mondiale porte des coups terribles à la biodiversité." 

Retrouvez l'article ici. 

Mise en ligne le 04/06/2018

Tribune : Pour un Erasmus universel

Les attentats qui ont frappé Paris et Copenhague ont constitué un sommet paroxystique des tensions identitaires qui gangrènent notre continent. L'a-t-on assez souligné ? Ce sont de jeunes Européens qui, mûs par l'idéologie islamiste, ont tué d'autres Européens pour ce qu'ils étaient, juifs, pour ce qu'ils pensaient ou ce qu'ils faisaient, libre-penseurs, défenseurs de la liberté d'expression, journalistes, cinéaste, représentants des forces de l'ordre.

Ces attentats génèrent d'autant plus de tensions dans nos sociétés qu'ils ont eu lieu dans un contexte de montée de l'antisémitisme, du racisme, de la xénophobie et des discriminations.

Contrairement à ce que certains sont tentés de penser, cette montée n'est pas due uniquement à la crise, et ne disparaîtrait pas avec elle. Bien plus profondément, elle résulte de l'amoindrissement de la place de l'Europe dans le monde, engendré par la mondialisation, et du manque de perspectives démocratiques proposées pour y faire face, dû à une déficience de leadership politique.

En effet, l'Europe a définitivement perdu la position de puissance mondiale dominante qui fut la sienne pendant si longtemps. Aujourd'hui, la peur du déclassement individuel résonne avec la peur du déclassement collectif, national et européen, dont la crise constitue un catalyseur.

Le nationalisme et l'islamisme sont pour l'heure les seuls projets politiques qui proposent un sens à ces bouleversements et des perspectives pour y faire face. Pour eux, nous serions en proie à une « guerre civile européenne » et il faudrait réaliser, en Europe comme au niveau international, une confrontation synonyme de discrimination, ségrégation, violence et meurtre entre des populations définies racialement ou religieusement.

Force est de constater que c'est au sein de la jeunesse européenne que ces idéologies recrutent leurs forces vives.

Le danger de voir nos sociétés tomber dans le piège de la mise en tension et se remettre à la seule vision politique, funeste et mortifère, qui leur est aujourd'hui proposée devient menaçant. Il est d'autant plus urgent de regarder en face les bouleversements que connaît l'Europe et d'élaborer des perspectives collectives fondées sur les valeurs de la démocratie, dont les manifestations post-attentats ont montré qu'elles étaient bien à même de faire ciment pour les peuples.

Il est donc temps de relancer une grande aventure européenne novatrice, inclusive, égalitaire et émancipatrice, de définir une nouvelle frontière démocratique à aller conquérir ensemble. La constitution d'une société et d'une identité européennes, à même de permettre à nos sociétés de se projeter ensemble vers l'avenir, est pour nous cette nouvelle frontière. Pour l'atteindre, la mise en dynamique des populations, en particulier de la jeunesse, autour d'actions concrètes est nécessaire.

C'est dans ce cadre que nous appelons à la création d'Erasmus universel !

Cela signifiera que non seulement toutes les catégories d'étudiants et d'apprentis, mais également tous les élèves, du primaire au lycée, bénéficieront de temps de circulation, d'échange et de rencontre en Europe. Bien évidemment, les modalités de ces échanges seront différentes selon les âges, par exemple de quelques jours encadrés au primaire à un trimestre ou un semestre au lycée.

Erasmus universel participera de la fondation d'une société et d'une identité européennes de manière novatrice.

C'est un projet inclusif, qui permettra à des jeunes de classes d'âge entières de vivre ensemble une expérience partagée. Au sein d'un continent vieillissant, il remettra la jeunesse au cœur du projet européen.

C'est un projet porteur d'égalité, qui concernera tous les élèves, quels que soient leurs nationalités, leurs classes sociales et les territoires où ils vivent, en apportant, grâce à la circulation internationale, une circulation sociale, territoriale et identitaire qui fait tant défaut à nos sociétés. La démocratie ne sera pas un concept creux mais signifiera des bénéfices tangibles, pour tous.

C'est un projet émancipateur, qui offrira aux individus la possibilité de se construire dans l'échange. On n'est jamais autant de son pays qu'à l'étranger, et l'on n'est jamais autant soi-même que lorsque l'on s'invente sa propre identité et son propre parcours de vie.

Ainsi, Erasmus universel permettra la constitution d'une société et d'une identité européennes, posant les fondements d'un projet d'avenir démocratique et européen à même de susciter l'adhésion populaire et de l'emporter, notamment au sein de la jeunesse, sur ceux proposés par le nationalisme et l'islamisme.

Ce projet pourrait être couplé avec la mise en place d'un service civil européen tourné vers le monde en développement, sur l'exemple notamment des Peace Corps américains, permettant à chaque jeune de faire acte de solidarité internationale et à l'Europe, par sa jeunesse, de renouveler son rapport au monde.

Erasmus universel, couplé à un service civil européen, paraîtra trop audacieux à certains, trop compliqué à mettre en œuvre à d'autres. Ce serait oublier que l'Europe réunit déjà tous ses éléments fondamentaux : la liberté de circulation, même si elle est attaquée par le nationalisme, et le programme Erasmus, même si la bureaucratie a failli le détruire. Surtout, soyons assurés que ce n'est que par des initiatives ambitieuses, c'est-à-dire à la hauteur des enjeux auxquels notre continent doit faire face, qu'il sera possible de nous inventer un avenir ensemble.

En cela, Erasmus universel est aussi fondamental qu'urgent pour les Européens.

Retrouvez la tribune sur le site du Huffington Post 

Mise en ligne le 04/06/2018