Tribune : Des élus LREM appellent Total à renoncer à l'huile de palme

Tribune : Des élus LREM appellent Total à renoncer à l'huile de palme

Il y a quelques jours, Nicolas Hulot a autorisé l'importation de 300.000 tonnes de ce produit décrié.

Par L'Obs Publié le 24 mai 2018 à 13h55

Des élus LREM, dont Matthieu Orphelin et François-Michel Lambert, appellent, dans une lettre ouverte, le PDG de Total, Patrick Pouyanné, à "renoncer à l'huile de palme". 

Quelques jours après l'engagement affiché de Total à "limiter l'approvisionnement en huile de palme brute" de sa bio-raffinerie de La Mède (Bouches-du-Rhône), les élus demandent à l'entreprise française d'aller plus loin : 

"Monsieur le président, vous seriez visionnaire en faisant à présent un geste fort pour la planète en renonçant à ces 300.000 tonnes d'huile de palme ! C'est un geste à votre portée qui s'inscrit dans les orientations prônées par Nicolas Hulot comme il l'a si bien répété le 22 mai à l'Assemblée nationale : 'Chacun doit se questionner sur ce qu'il peut faire pour protéger la biodiversité.'"

Le groupe pétrolier a lancé en 2015 le projet de transformation de sa raffinerie de La Mède, près de l'étang de Berre, alors déficitaire. Il a cessé d'y raffiner du brut et l'a convertie, au prix d'un investissement de 275 millions d'euros, en y installant notamment un dépôt pétrolier, une ferme solaire, un centre de formation et cette bio-raffinerie.

Le 16 mai, le ministre de l'Ecologie Nicolas Hulot avait interpellé la direction de Total, lui demandant de "réduire au maximum l'utilisation d'huile de palme" et "d'essayer d'année en année de réduire la part d'huile de palme et d'augmenter la part d'huiles usagées".

Toutefois, avec son feu vert, la préfecture des Bouches-du-Rhône a autorisé Total à exploiter sa bio-raffinerie et a importé au moins 300.000 tonnes d'huile de palme par an, ce qui représente une augmentation des importations françaises de ce produit de 36%. 

"On ne peut pas avoir tout du jour au lendemain", a-t-il ajouté.

Déforestation

En avril, les ONG Greenpeace et les Amis de la Terre, citant un document de la préfecture des Bouches-du-Rhône, avaient affirmé que le site consommait 550.000 tonnes d'huilede palme par an, faisant bondir de 64% les importations françaises d'unehuiledont la production en Malaisie et en Indonésie entraîne une déforestation fragilisant l'écosystème.

Face aux critiques, Total s'est engagé à se fournir enhuiles de palme "labellisées", selon ce document. Ces systèmes de certification sont toutefois jugés insuffisants par des ONG et des industriels.

Dans leur lettre, les élus LREM rappellent eux aussi :

"Vous savez que l'huile de palme reste une matière première à haut risque dont la production est la première cause de déforestation en Indonésie et en Malaisie. Toutes les trois minutes environ un champ de couvert forestier équivalent à un terrain de football est transformé en champ de palmiers à huile.Le bilan carbone est tout aussi lourd en raison des rejets de gaz à effet de serre des forêts qui sont brûlées avant d'être défrichées. Cette surexploitation à l'échelle mondiale porte des coups terribles à la biodiversité." 

Retrouvez l'article ici. 

Mise en ligne le 04/06/2018

Tribune : Pour un Erasmus universel

Les attentats qui ont frappé Paris et Copenhague ont constitué un sommet paroxystique des tensions identitaires qui gangrènent notre continent. L'a-t-on assez souligné ? Ce sont de jeunes Européens qui, mûs par l'idéologie islamiste, ont tué d'autres Européens pour ce qu'ils étaient, juifs, pour ce qu'ils pensaient ou ce qu'ils faisaient, libre-penseurs, défenseurs de la liberté d'expression, journalistes, cinéaste, représentants des forces de l'ordre.

Ces attentats génèrent d'autant plus de tensions dans nos sociétés qu'ils ont eu lieu dans un contexte de montée de l'antisémitisme, du racisme, de la xénophobie et des discriminations.

Contrairement à ce que certains sont tentés de penser, cette montée n'est pas due uniquement à la crise, et ne disparaîtrait pas avec elle. Bien plus profondément, elle résulte de l'amoindrissement de la place de l'Europe dans le monde, engendré par la mondialisation, et du manque de perspectives démocratiques proposées pour y faire face, dû à une déficience de leadership politique.

En effet, l'Europe a définitivement perdu la position de puissance mondiale dominante qui fut la sienne pendant si longtemps. Aujourd'hui, la peur du déclassement individuel résonne avec la peur du déclassement collectif, national et européen, dont la crise constitue un catalyseur.

Le nationalisme et l'islamisme sont pour l'heure les seuls projets politiques qui proposent un sens à ces bouleversements et des perspectives pour y faire face. Pour eux, nous serions en proie à une « guerre civile européenne » et il faudrait réaliser, en Europe comme au niveau international, une confrontation synonyme de discrimination, ségrégation, violence et meurtre entre des populations définies racialement ou religieusement.

Force est de constater que c'est au sein de la jeunesse européenne que ces idéologies recrutent leurs forces vives.

Le danger de voir nos sociétés tomber dans le piège de la mise en tension et se remettre à la seule vision politique, funeste et mortifère, qui leur est aujourd'hui proposée devient menaçant. Il est d'autant plus urgent de regarder en face les bouleversements que connaît l'Europe et d'élaborer des perspectives collectives fondées sur les valeurs de la démocratie, dont les manifestations post-attentats ont montré qu'elles étaient bien à même de faire ciment pour les peuples.

Il est donc temps de relancer une grande aventure européenne novatrice, inclusive, égalitaire et émancipatrice, de définir une nouvelle frontière démocratique à aller conquérir ensemble. La constitution d'une société et d'une identité européennes, à même de permettre à nos sociétés de se projeter ensemble vers l'avenir, est pour nous cette nouvelle frontière. Pour l'atteindre, la mise en dynamique des populations, en particulier de la jeunesse, autour d'actions concrètes est nécessaire.

C'est dans ce cadre que nous appelons à la création d'Erasmus universel !

Cela signifiera que non seulement toutes les catégories d'étudiants et d'apprentis, mais également tous les élèves, du primaire au lycée, bénéficieront de temps de circulation, d'échange et de rencontre en Europe. Bien évidemment, les modalités de ces échanges seront différentes selon les âges, par exemple de quelques jours encadrés au primaire à un trimestre ou un semestre au lycée.

Erasmus universel participera de la fondation d'une société et d'une identité européennes de manière novatrice.

C'est un projet inclusif, qui permettra à des jeunes de classes d'âge entières de vivre ensemble une expérience partagée. Au sein d'un continent vieillissant, il remettra la jeunesse au cœur du projet européen.

C'est un projet porteur d'égalité, qui concernera tous les élèves, quels que soient leurs nationalités, leurs classes sociales et les territoires où ils vivent, en apportant, grâce à la circulation internationale, une circulation sociale, territoriale et identitaire qui fait tant défaut à nos sociétés. La démocratie ne sera pas un concept creux mais signifiera des bénéfices tangibles, pour tous.

C'est un projet émancipateur, qui offrira aux individus la possibilité de se construire dans l'échange. On n'est jamais autant de son pays qu'à l'étranger, et l'on n'est jamais autant soi-même que lorsque l'on s'invente sa propre identité et son propre parcours de vie.

Ainsi, Erasmus universel permettra la constitution d'une société et d'une identité européennes, posant les fondements d'un projet d'avenir démocratique et européen à même de susciter l'adhésion populaire et de l'emporter, notamment au sein de la jeunesse, sur ceux proposés par le nationalisme et l'islamisme.

Ce projet pourrait être couplé avec la mise en place d'un service civil européen tourné vers le monde en développement, sur l'exemple notamment des Peace Corps américains, permettant à chaque jeune de faire acte de solidarité internationale et à l'Europe, par sa jeunesse, de renouveler son rapport au monde.

Erasmus universel, couplé à un service civil européen, paraîtra trop audacieux à certains, trop compliqué à mettre en œuvre à d'autres. Ce serait oublier que l'Europe réunit déjà tous ses éléments fondamentaux : la liberté de circulation, même si elle est attaquée par le nationalisme, et le programme Erasmus, même si la bureaucratie a failli le détruire. Surtout, soyons assurés que ce n'est que par des initiatives ambitieuses, c'est-à-dire à la hauteur des enjeux auxquels notre continent doit faire face, qu'il sera possible de nous inventer un avenir ensemble.

En cela, Erasmus universel est aussi fondamental qu'urgent pour les Européens.

Retrouvez la tribune sur le site du Huffington Post 

Mise en ligne le 04/06/2018

Tribune : 9 mai 1950 - 9 mai 2018 : 68 ans d’audace !

Tribune : 9 mai 1950 - 9 mai 2018 : 68 ans d’audace !

Aujourd’hui, l’Union européenne célèbre un acte politique fondateur. Le 9 mai 1950, Robert Schuman, ministre français des Affaires étrangères, prononçait dans le salon de l’Horloge du Quai d’Orsay un discours historique. Il appelait à mettre en commun les productions d’acier et de charbon française et allemande, contrôlées par une Haute autorité commune, dans une organisation ouverte à la participation des autres pays européens. L’objectif : encourager la coopération européenne et empêcher de manière pragmatique le retour des velléités guerrières et des nationalismes.

Si l'Europe est un vieux continent, l'Union européenne est une idée moderne, sans équivalent dans le monde. Bien sûr, le chemin de l’intégration sera long et fastidieux. Robert Schuman, en ce 9 mai 1950, en était pleinement conscient : « L'Europe ne se fera pas d'un coup, ni dans une construction d'ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d'abord une solidarité de fait ». Mais ce jour-là, un appel a été lancé et un nouveau projet est né.

68 ans plus tard, la France peut être fière d’avoir été à l’initiative de ce projet ! Avec d’autres États membres, ennemis d’hier, désormais frères de destin, elle a su inventer un projet que le monde entier regarde avec la plus grande attention. Un projet moderne, audacieux, révolutionnaire !

Aujourd’hui, le 9 mai est devenu officiellement « la Journée de l’Europe », l’un des symboles européens aux côtés du drapeau aux douze étoiles, de l’hymne européen « l’Ode à la Joie » et de la devise « Unie dans la diversité ». Ce sont ces symboles qui, au quotidien, contribuent à identifier l’Union européenne comme une entité politique à part entière. Ce sont ces symboles qui, à travers le monde, nous définissent en tant que citoyens européens.

Oser dire oui à l’Europe quand tant d’autres la critiquaient, c’est aussi l’audace dont a fait preuve Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle. Aujourd’hui, le Président de la République est pleinement engagé pour bâtir une Europe unie, souveraine et démocratique, une Europe qui protège. C’est aussi cette ambition qui structure notre mouvement La République en Marche ! Rejetant toute idée de repli national, notre majorité souhaite le retour d’une France forte dans une Europe forte. Une France qui n’a pas l’Europe honteuse mais qui, au contraire, s’engage pour une Europe ambitieuse !

Le 19 octobre dernier, le président Emmanuel Macron annonçait que la France rejoignait les 16 pays européens qui, dans une déclaration commune annexée au Traité de Lisbonne, reconnaissent officiellement les symboles européens. Une initiative confortée quelques semaines plus tard par l’adoption à l’Assemblée nationale d’une proposition de résolution de Richard Ferrand et des députés La République en Marche ! visant à mieux promouvoir les symboles européens, notamment dans l’Hémicycle où le drapeau européen était contesté.

En ce 9 mai 2018, année du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale, soyons fiers, en tant que citoyens français et européens, du chemin parcouru depuis 68 ans ! En quelques décennies, l’Union européenne s’est affirmée comme un espace juridique unique au monde où les valeurs d’État de droit et les libertés fondamentales sont consacrées et garanties par nos traités.

En ce 9 mai 2018, Journée de l’Europe, souvenons-nous que la construction européenne a apporté la paix sur notre continent. Elle est, à ce titre, un trésor mais un trésor fragile qu’il nous faut préserver et moderniser, sans relâche, car rien n’est jamais acquis.

En ce 9 mai 2018, souvenons-nous que notre histoire a été écrite par des personnalités courageuses et visionnaires qui, à l’instar de Robert Schuman et des premiers Pères fondateurs de l’Europe, ont eu l’audace d’inventer une œuvre politique inédite.

Mais cette histoire ne s’arrête pas là. Elle a su s’incarner également en la personne de Simone Veil. Résolument européenne au-delà de son histoire tragique personnelle, celle qui est devenue la première présidente élue du Parlement européen a toujours combattu les nationalismes et la peur. Son courage, son audace sont pour nous tous une éternelle source d’inspiration. Simone Veil a toute sa place aux côtés des Pères fondateurs : elle doit entrer au Panthéon européen comme au Panthéon national. Elle doit être reconnue officiellement comme « figure fondatrice de la construction européenne » par les institutions européennes. En tant que députés de La République en Marche !, c’est le vœu que nous formulons.

Enfin, soyons clairs, l’Europe c’est nous ! Son devenir dépend de chacune et de chacun d’entre nous. Le 17 avril, le Président de la République a officialisé le lancement des Consultations citoyennes sur l’Europe. Une initiative audacieuse et inédite : donner la parole aux citoyens européens, recueillir leurs impressions mais aussi leurs propositions pour refonder l’Europe. L’ensemble des autres États membres a accepté de s’engager dans cette démarche ; preuve que quand la France ose, quand elle propose, elle est écoutée.

En tant que députés français, nous espérons que cette consultation trouve le meilleur écho possible et appelons à la mobilisation de l’ensemble des élus locaux et forces vives des territoires. Souvent décriée et incomprise, l’Union européenne est loin des caricatures qu’en font ses plus fervents adversaires, avec cette propension à « européaniser les échecs et à nationaliser les réussites ». Mais elle doit aussi convaincre et se réinventer. C’est pourquoi les Consultations citoyennes représentent un enjeu majeur.

Le monde change, reconnaissons-le sans céder à la peur mais en cherchant ensemble des réponses communes à des défis communs : comment garantir notre sécurité intérieure et extérieure, comment défendre nos valeurs et notre liberté, comment garantir la compétitivité de notre économie et faire face à la révolution numérique, comment préserver notre modèle social et notre environnement ?

Citoyens français, citoyens européens, nous avons la parole ! Saisissons-la, avec audace !

Retrouvez la tribune et participez aux consultations citoyennes ici ! 

Mise en ligne le 18/05/2018

Tribune : 5 priorités pour redonner du pouvoir aux citoyens Européens dans l'UE

Quand Moscou empoisonne certains de ses ressortissants réfugiés au Royaume-Uni, Westminster sait qu'elle peut encore compter sur l'Union européenne pour faire pression sur la Russie.

Quand Washington déclenche une guerre commerciale contre les exportations d'acier, Berlin sait qu'elle peut jouer l'Union dans le rapport de forces transatlantiques.

Quand Ankara veut forcer Bruxelles à reprendre son processus d'adhésion européenne, tous les États membres savent qu'ils peuvent faire bloc pour négocier avec ce partenaire crucial dans la lutte contre le terrorisme.

Derrière chacune de ces réalités diplomatiques, n'oublions jamais l'essentiel que résumait si bien Jean Monnet: avec l'Europe "nous ne coalisons pas des États, nous unissons des hommes".

Cette vision extraordinaire qui animait les pères fondateurs après guerre doit trouver un second souffle aujourd'hui, dans l'esprit de la formule de Jean Monnet. Ainsi est venu le temps des refondateurs, de ces filles et ces fils de la génération Erasmus qui ont grandi avec cette formule de Rousseau "jamais projet plus grand, plus beau, ni plus utile n'occupa l'esprit humain que celui d'une paix perpétuelle et universelle entre les peuples de l'Europe".

Après la paix, l'Union s'est appliquée à assurer à chacun la prospérité. Ce chantier est loin d'être terminé et s'y ajoute le chantier de la citoyenneté européenne... alors que les Européens se sentent dépossédés de leur souveraineté.

La majorité présidentielle s'est lancée dans la Grande Marche pour l'Europe afin de pouvoir connaître les aspirations des Français pour construire une Europe qui protège.

Le président de la République a, quant à lui, mis en marche 25 autres États membres pour des consultations citoyennes qui permettront de mieux connaître ce que les citoyens européens attendent de l'Union.

Cet esprit civique, qui s'exprime pleinement en France et, à travers l'Union, depuis la France, c'est l'esprit du temps. Le XXIe siècle sera citoyen ou ne sera pas. L'Union, si utile qu'elle soit, ne saurait progresser sans les 440 millions de personnes qui la constitueront après le départ du Royaume-Uni.

Ses priorités sont claires pour restaurer la souveraineté des Européens.

  • Assurer une totale sécurité à ses concitoyens : sécurité contre le terrorisme, pour leurs données personnelles, pour ses frontières ;
  • Défendre sur la scène internationale notre modèle de développement durable qui sera la clé de la paix et de sa réussite économique et sociale pour les décennies à venir ;
  • Investir autant que nécessaire pour que l'Euro soit une réussite économique profitant au plus grand nombre, réduisant les inégalités entre, et au sein, des États européens ;
  • Porter au plus haut l'ambition culturelle européenne qui distingue notre projet de civilisation multiculturel de tous les autres -- ainsi que l'incarne Erasmus ;
  • Construire les champions européens de l'industrie des données tout en portant un modèle économique toujours respectueux de nos libertés fondamentales.

Pour y parvenir, nous faisons confiance au président de la République, Emmanuel Macron, qui réforme pour restaurer notre crédibilité. Et en ce jour de Fête de l'Europe, nous espérons qu'avec Allemagne, puis toute l'Union, nous pourrons refonder l'Europe : construire une Europe souveraine.

Signataires: Christophe AREND, Député, Président du groupe d'amitié France - Allemagne de l'Assemblée nationale ; Thomas FRIANG, Président-fondateur de l'Institut Open Diplomacy ; Nathalie GRIESBECK, Députée européenne, Présidente de la Commission spéciale de lutte contre le terrorisme du Parlement européen ; Frédérique DUMAS, Députée, Vice-présidente de la Commission culture de l'Assemblée nationale ; et Sylvain WASERMAN, Député, Vice-président de l'Assemblée Nationale.

Retrouvez la tribune ici.

Le Huffington Post - 09/05/2018

Mise en ligne le 18/05/2018

Tribune : L'heure de vérité a sonné pour le patronat
Mise en ligne le 18/05/2018