Lettre au Président : génocide contre les Tutsis

Lettre au Président : génocide contre les Tutsis

25e commémorations du génocide contre les Tutsis : « M. le Président, il est temps d’énoncer un discours de vérité ! »

Monsieur le Président,

Voilà 25 ans que le génocide contre les Tutsis a été perpétré au Rwanda. Pendant trois mois, plus d’un million de personnes furent exterminées par les extrémistes rassemblés au sein du mouvement Hutu Power, avec une participation populaire massive. Les conséquences de ce génocide se font sentir jusqu’à aujourd’hui. Ce passé, pour la France surtout, ne passe pas.

Depuis votre élection, vous avez envoyé des signaux laissant espérer une rupture avec le déni et l’omerta qui ont caractérisé la position de la France depuis le génocide. Après 25 ans, il est désormais temps d’effectuer des pas décisifs pour la vérité et la justice.

Monsieur le Président, le 7 avril prochain, votre place est à Kigali. Au sein des plus hauts représentants de la communauté internationale. Auprès des rescapés. La France avait annulé sa participation aux 20e commémorations du génocide, votre présence cette année réparera cette indignité.

Ce que les rescapés, la jeunesse et la société civile de France, du Rwanda et d’Europe attendent de vous, c’est tout d’abord un discours de vérité.

Alors que, dans ses tentatives de falsification de l’Histoire, le négationnisme n’a pas abdiqué, vous devrez commencer par rappeler l’évidence : en 1994 a eu lieu un génocide au Rwanda, celui contre les Tutsis.

Vous devrez expliciter les mots prononcés à Kigali en 2010 par votre prédécesseur à la tête de la République française, le président Nicolas Sarkozy, qui reconnaissait que « des erreurs d'appréciation et des erreurs politiques ont été commises ici et ont eu des conséquences absolument dramatiques ». Vingt cinq ans après le génocide, le temps d’une génération, ce second pas s’impose : à vous qui voulez ouvrir un avenir délesté du poids des méfaits du passé, il revient de dire ces « erreurs » qui furent « commises ». C’est par l’énonciation de vérités difficiles, exigeantes mais incontournables que se trace un chemin d’humanité.

Car le fait est établi : une politique de collaboration a été menée avant, pendant et après le génocide par une poignée de responsables placés au plus haut niveau de l’appareil d’Etat à la fin du second septennat de François Mitterrand. Cette politique était secrète. La France, sa population comme ses institutions, le Parlement notamment, en ont été sciemment tenus dans l’ignorance. La République ne peut être comptable de ces « erreurs », cela doit être acté.

Vous devrez placer la justice au cœur de cet avenir. Seuls trois procès de génocidaires ont eu lieu depuis 1994. L’impunité de fait dont bénéficient les génocidaires et leurs complices est inacceptable. Pour permettre à la Justice de faire son œuvre tout en élargissant le champ de la connaissance, il faut ouvrir la totalité des archives en les rendant accessibles, ce qu’avait promis en 2015 votre prédécesseur, le président François Hollande, mais qui est resté lettre morte.

Enfin, vos paroles devront ouvrir une nouvelle ère de relations pleines et entières entre les sociétés française et rwandaise. La jeunesse en sera son cœur battant. Il serait injuste de lui faire porter un héritage funeste. Faire en sorte que des jeunes des deux pays se rencontrent, partagent leurs histoires, leurs expériences, leurs espoirs et leurs rêves, sera la plus belle manière de leur permettre de dessiner les contours d’un avenir partagé et apaisé, pour les générations actuelles comme pour les futures.

Monsieur le Président, la France a rendez-vous avec l’Histoire. Tenir un discours de vérité, faire œuvre de justice et aider les jeunes à se rencontrer est la voie à suivre pour faire passer ce passé qui ne passe pas, rendre hommage aux victimes, apaiser les souffrances des rescapés et permettre aux sociétés française et rwandaise de se projeter pleinement ensemble vers l’avenir.

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre très haute considération.

Retrouvez la Tribune sur le site du Monde, 07/04/2019 

Mise en ligne le 12/04/2019

Tourisme dans le Grand-Est

Mercredi 13 mars, a eu lieu la rencontre mensuelle des Parlementaires du Grand-Est à l'Assemblée nationale avec Jean Rottner, Président de la Région Grand-Est. Ils ont abordé le "Tourisme dans le Grand-Est, une force pour nos territoires".

Mise en ligne le 18/03/2019

Tribune : Pour une fiscalité carbone juste socialement

Pour une fiscalité carbone juste socialement

Tribune trans-partisane de 86 députées et députés.

Un sondage nous apprend que, sept ans après sa mise en œuvre, on comptait deux fois plus de personnes favorables à la hausse de la fiscalité sur l’énergie que de défavorables. Ce sondage n’a pas été réalisé en France mais en Colombie-Britannique, une province du Canada qui a instauré une taxe carbone (qui donne un prix aux émissions de CO2) depuis 2008. Comment s’explique ce soutien massif à une politique publique qui, dans notre pays, a cristallisé des tensions accumulées depuis des décennies et nourri le sentiment d’injustice fiscale et d’abandon de la France rurale ? Si les habitants de cette province canadienne soutiennent cette hausse de la fiscalité, c’est que leurs gouvernants ont su la rendre juste. Ils ont posé un principe fort : 100% des revenus générés par cette hausse sont rendus aux citoyens et aux entreprises, sous forme d’aides à la transition énergétique ou de baisses de taxes.

D’autres pays ont trouvé d’autres modalités pour augmenter leur fiscalité sur l’énergie, et pour rendre cette hausse juste. Et nous avons la conviction que nous saurons faire de même, en France, si nous y travaillons tous ensemble, avec l’ensemble des parties prenantes.

Pour nous, la fiscalité carbone n’est pas un dogme, pas plus qu’un marqueur politique. C’est, parmi d’autres, un outil efficace pour faire évoluer les décisions d’investissement, favoriser les comportements vertueux, donner un avantage aux véhicules ou aux chaudières qui consomment peu ou pas d’énergies fossiles, et répondre à l’urgence climatique. Un outil efficace qui a été accompagné, en France, d‘aides pour inciter nos concitoyens à investir dans des équipements plus écologiques, et en particulier les ménages modestes. Le dernier dispositif en date permet à ces derniers d’acquérir une chaudière performante pour un euro seulement.

Mais cela n’est pas suffisant. Trop de ménages qui ont déjà tant de mal à boucler les fins de mois se sont retrouvés piégés par la hausse des prix de l’énergie, notamment due à la flambée de prix mondiaux du pétrole. Et beaucoup de nos concitoyens sont convaincus que la fiscalité carbone n’est qu’un prétexte pour faire payer toujours plus les français, pour augmenter sans cesse des dépenses publiques dont ils ne perçoivent plus les bénéfices.

Nous entendons ces critiques, qui toutes sont légitimes. Elles nous poussent non pas à vouloir abandonner la fiscalité carbone mais à travailler ensemble à un nouveau contrat entre l’Etat, les citoyens, les collectivités locales, les associations environnementales et de consommateurs et les syndicats autour de cette fiscalité. Dans et autour du Grand Débat National, de nombreuses propositions sont sur la table pour en faire une mesure de progrès environnemental et social : renforcement et simplification des aides, nouvelles mesures de redistribution, fléchage de l’utilisation des recettes, nouveaux secteurs professionnels couverts par la fiscalité carbone.... Ecoutons ces idées venues du terrain et qui posent les bases d’une fiscalité écologique enfin juste socialement.

Apprenons aussi des expériences étrangères. Inspirons-nous de la Colombie Britannique et de son principe de neutralité budgétaire. Ou de la Suisse, qui a profité des recettes de sa taxe carbone pour baisser les primes obligatoires d’assurance santé de tous les citoyens. Inspirons-nous de la Californie, dont la législation impose qu’un tiers de ses « revenus carbone » soit dédié aux populations les plus défavorisées, ou encore du Chili qui a profité de ces nouvelles recettes fiscales pour investir dans l’éducation et la santé. Nous pouvons même aller voir du côté de l’Indonésie qui, ayant supprimé ses subventions aux énergies fossiles, a utilisé les revenus de cette réforme pour développer ses infrastructures et plus aider les collectivités locales.

La mise en place d’une fiscalité carbone n’est pas un long fleuve tranquille. Les pays qui s’y sont essayé ont connu de profondes difficultés : si deux tiers des habitants de Colombie Britannique l’approuvent aujourd’hui, la majorité d’entre eux la rejetait quelques mois après son adoption. La France n’est pas une exception. Mais plutôt que d’abandonner cet outil, nous voulons continuer le débat entamé avec les citoyens dans le cadre du Grand Débat National, pour construire tous ensemble une fiscalité qui soit à la fois écologique, juste et lisible.

Tribune trans-partisane de 85 députées et députés. Liste des signataires  : Bérangère Abba, Damien Adam, Christophe Arend, Sophie Auconie, Delphine Bagarry, Erwan Balanant, Anne Blanc, Christophe Bouillon, Pierre-Yves Bournazel, Blandine Brocard, Stéphane Buchou, Jean-François Cesarini, Annie Chapelier, Sylvie Charrière, Guillaume Chiche, Mireille Clapot, Fabienne Colboc, Paul-André Colombani, Dominique Da Silva, Jennifer De Temmerman, Michèle de Vaucouleurs, Frédérique Dumas, Stella Dupont, M'jid El Guerrab, Catherine Fabre, Agnès Firmin Le Bodo, Olivier Gaillard, Patricia Gallerneau, Guillaume Garot, Eric Girardin, Joël Giraud, Guillaume Gouffier-Cha, Yannick Haury, Daniele Herin, Caroline Janvier, Hubert Julien-Laferrière, Anissa Khedher, Jean-Christophe Lagarde, Jean-Luc Lagleize, Frédérique Lardet, Jean-Charles Larsonneur, Gaël Le Bohec, Sandrine Le Feur, Marion Lenne, Jacques Maire, Jacques Marilossian, Jean-François Mbaye, Marjolaine Meynier-Millefert, Bruno Millienne, Sandrine Mörch, Cécile Muschotti, Matthieu Orphelin, Bertrand Pancher, Sophie Panonacle, Valérie Petit, Bénédicte Peyrol, Claire Pitollat, Barbara Pompili, Dominique Potier, Florence Provendier, Cathy Racon-Bouzon, Hugues Renson, Cécile Rilhac, Véronique Riotton, Marie-Pierre Rixain, Laetitia Romeiro Dias, Xavier Roseren, Laurianne Rossi, Cédric Roussel, Maina Sage, Nathalie Sarles, Jean-Bernard Sempastous, Benoit Simian, Denis Sommer, Stéphane Testé, Huguette Tiegna, Jean-Louis Touraine, Elisabeth Toutut-Picard, Nicole Trisse, Frédérique Tuffnell, Laurence Vanceunebrock-Mialon, Patrick Vignal, Cédric Villani, Sylvain Waserman, Martine Wonner, Jean-Marc Zulesi

Retrouvez La Tribune ici.

Le Figaro - 13/02/2019

Mise en ligne le 26/02/2019

Réunion au Ministère de la Santé pour la Moselle-Est

Réunion au Ministère de la Santé pour la Moselle-Est

Le 12 février, le Député a été reçu au Ministère des Solidarités et de la Santé avec des professionnels de la santé pour échanger sur l'évolution du régime minier, la désertification médicale et l’accès aux soins en Moselle-Est. 

Mise en ligne le 26/02/2019

QOSD : conséquence de la création de la collectivité européenne d'Alsace sur le Grand-Est

Le 18 décembre 2018, Christophe Arend a interpellé Sébastien Lecornu, Ministre chargé des collectivités territoriales auprès de la Ministre de la Cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, sur les conséquences de la création de la collectivité européenne d'Alsace en matière de coopération transfrontalière pour le Grand-Est, et particulièrement pour la Moselle.

Retrouvez la vidéo incluant la réponse du Ministre ici.

Retrouvez la question écrite ici. 

Mise en ligne le 02/01/2019