Tribune : 9 mai 1950 - 9 mai 2018 : 68 ans d’audace !

Tribune : 9 mai 1950 - 9 mai 2018 : 68 ans d’audace !

Aujourd’hui, l’Union européenne célèbre un acte politique fondateur. Le 9 mai 1950, Robert Schuman, ministre français des Affaires étrangères, prononçait dans le salon de l’Horloge du Quai d’Orsay un discours historique. Il appelait à mettre en commun les productions d’acier et de charbon française et allemande, contrôlées par une Haute autorité commune, dans une organisation ouverte à la participation des autres pays européens. L’objectif : encourager la coopération européenne et empêcher de manière pragmatique le retour des velléités guerrières et des nationalismes.

Si l'Europe est un vieux continent, l'Union européenne est une idée moderne, sans équivalent dans le monde. Bien sûr, le chemin de l’intégration sera long et fastidieux. Robert Schuman, en ce 9 mai 1950, en était pleinement conscient : « L'Europe ne se fera pas d'un coup, ni dans une construction d'ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes créant d'abord une solidarité de fait ». Mais ce jour-là, un appel a été lancé et un nouveau projet est né.

68 ans plus tard, la France peut être fière d’avoir été à l’initiative de ce projet ! Avec d’autres États membres, ennemis d’hier, désormais frères de destin, elle a su inventer un projet que le monde entier regarde avec la plus grande attention. Un projet moderne, audacieux, révolutionnaire !

Aujourd’hui, le 9 mai est devenu officiellement « la Journée de l’Europe », l’un des symboles européens aux côtés du drapeau aux douze étoiles, de l’hymne européen « l’Ode à la Joie » et de la devise « Unie dans la diversité ». Ce sont ces symboles qui, au quotidien, contribuent à identifier l’Union européenne comme une entité politique à part entière. Ce sont ces symboles qui, à travers le monde, nous définissent en tant que citoyens européens.

Oser dire oui à l’Europe quand tant d’autres la critiquaient, c’est aussi l’audace dont a fait preuve Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle. Aujourd’hui, le Président de la République est pleinement engagé pour bâtir une Europe unie, souveraine et démocratique, une Europe qui protège. C’est aussi cette ambition qui structure notre mouvement La République en Marche ! Rejetant toute idée de repli national, notre majorité souhaite le retour d’une France forte dans une Europe forte. Une France qui n’a pas l’Europe honteuse mais qui, au contraire, s’engage pour une Europe ambitieuse !

Le 19 octobre dernier, le président Emmanuel Macron annonçait que la France rejoignait les 16 pays européens qui, dans une déclaration commune annexée au Traité de Lisbonne, reconnaissent officiellement les symboles européens. Une initiative confortée quelques semaines plus tard par l’adoption à l’Assemblée nationale d’une proposition de résolution de Richard Ferrand et des députés La République en Marche ! visant à mieux promouvoir les symboles européens, notamment dans l’Hémicycle où le drapeau européen était contesté.

En ce 9 mai 2018, année du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale, soyons fiers, en tant que citoyens français et européens, du chemin parcouru depuis 68 ans ! En quelques décennies, l’Union européenne s’est affirmée comme un espace juridique unique au monde où les valeurs d’État de droit et les libertés fondamentales sont consacrées et garanties par nos traités.

En ce 9 mai 2018, Journée de l’Europe, souvenons-nous que la construction européenne a apporté la paix sur notre continent. Elle est, à ce titre, un trésor mais un trésor fragile qu’il nous faut préserver et moderniser, sans relâche, car rien n’est jamais acquis.

En ce 9 mai 2018, souvenons-nous que notre histoire a été écrite par des personnalités courageuses et visionnaires qui, à l’instar de Robert Schuman et des premiers Pères fondateurs de l’Europe, ont eu l’audace d’inventer une œuvre politique inédite.

Mais cette histoire ne s’arrête pas là. Elle a su s’incarner également en la personne de Simone Veil. Résolument européenne au-delà de son histoire tragique personnelle, celle qui est devenue la première présidente élue du Parlement européen a toujours combattu les nationalismes et la peur. Son courage, son audace sont pour nous tous une éternelle source d’inspiration. Simone Veil a toute sa place aux côtés des Pères fondateurs : elle doit entrer au Panthéon européen comme au Panthéon national. Elle doit être reconnue officiellement comme « figure fondatrice de la construction européenne » par les institutions européennes. En tant que députés de La République en Marche !, c’est le vœu que nous formulons.

Enfin, soyons clairs, l’Europe c’est nous ! Son devenir dépend de chacune et de chacun d’entre nous. Le 17 avril, le Président de la République a officialisé le lancement des Consultations citoyennes sur l’Europe. Une initiative audacieuse et inédite : donner la parole aux citoyens européens, recueillir leurs impressions mais aussi leurs propositions pour refonder l’Europe. L’ensemble des autres États membres a accepté de s’engager dans cette démarche ; preuve que quand la France ose, quand elle propose, elle est écoutée.

En tant que députés français, nous espérons que cette consultation trouve le meilleur écho possible et appelons à la mobilisation de l’ensemble des élus locaux et forces vives des territoires. Souvent décriée et incomprise, l’Union européenne est loin des caricatures qu’en font ses plus fervents adversaires, avec cette propension à « européaniser les échecs et à nationaliser les réussites ». Mais elle doit aussi convaincre et se réinventer. C’est pourquoi les Consultations citoyennes représentent un enjeu majeur.

Le monde change, reconnaissons-le sans céder à la peur mais en cherchant ensemble des réponses communes à des défis communs : comment garantir notre sécurité intérieure et extérieure, comment défendre nos valeurs et notre liberté, comment garantir la compétitivité de notre économie et faire face à la révolution numérique, comment préserver notre modèle social et notre environnement ?

Citoyens français, citoyens européens, nous avons la parole ! Saisissons-la, avec audace !

Retrouvez la tribune et participez aux consultations citoyennes ici ! 

Mise en ligne le 18/05/2018

Tribune : 5 priorités pour redonner du pouvoir aux citoyens Européens dans l'UE

Quand Moscou empoisonne certains de ses ressortissants réfugiés au Royaume-Uni, Westminster sait qu'elle peut encore compter sur l'Union européenne pour faire pression sur la Russie.

Quand Washington déclenche une guerre commerciale contre les exportations d'acier, Berlin sait qu'elle peut jouer l'Union dans le rapport de forces transatlantiques.

Quand Ankara veut forcer Bruxelles à reprendre son processus d'adhésion européenne, tous les États membres savent qu'ils peuvent faire bloc pour négocier avec ce partenaire crucial dans la lutte contre le terrorisme.

Derrière chacune de ces réalités diplomatiques, n'oublions jamais l'essentiel que résumait si bien Jean Monnet: avec l'Europe "nous ne coalisons pas des États, nous unissons des hommes".

Cette vision extraordinaire qui animait les pères fondateurs après guerre doit trouver un second souffle aujourd'hui, dans l'esprit de la formule de Jean Monnet. Ainsi est venu le temps des refondateurs, de ces filles et ces fils de la génération Erasmus qui ont grandi avec cette formule de Rousseau "jamais projet plus grand, plus beau, ni plus utile n'occupa l'esprit humain que celui d'une paix perpétuelle et universelle entre les peuples de l'Europe".

Après la paix, l'Union s'est appliquée à assurer à chacun la prospérité. Ce chantier est loin d'être terminé et s'y ajoute le chantier de la citoyenneté européenne... alors que les Européens se sentent dépossédés de leur souveraineté.

La majorité présidentielle s'est lancée dans la Grande Marche pour l'Europe afin de pouvoir connaître les aspirations des Français pour construire une Europe qui protège.

Le président de la République a, quant à lui, mis en marche 25 autres États membres pour des consultations citoyennes qui permettront de mieux connaître ce que les citoyens européens attendent de l'Union.

Cet esprit civique, qui s'exprime pleinement en France et, à travers l'Union, depuis la France, c'est l'esprit du temps. Le XXIe siècle sera citoyen ou ne sera pas. L'Union, si utile qu'elle soit, ne saurait progresser sans les 440 millions de personnes qui la constitueront après le départ du Royaume-Uni.

Ses priorités sont claires pour restaurer la souveraineté des Européens.

  • Assurer une totale sécurité à ses concitoyens : sécurité contre le terrorisme, pour leurs données personnelles, pour ses frontières ;
  • Défendre sur la scène internationale notre modèle de développement durable qui sera la clé de la paix et de sa réussite économique et sociale pour les décennies à venir ;
  • Investir autant que nécessaire pour que l'Euro soit une réussite économique profitant au plus grand nombre, réduisant les inégalités entre, et au sein, des États européens ;
  • Porter au plus haut l'ambition culturelle européenne qui distingue notre projet de civilisation multiculturel de tous les autres -- ainsi que l'incarne Erasmus ;
  • Construire les champions européens de l'industrie des données tout en portant un modèle économique toujours respectueux de nos libertés fondamentales.

Pour y parvenir, nous faisons confiance au président de la République, Emmanuel Macron, qui réforme pour restaurer notre crédibilité. Et en ce jour de Fête de l'Europe, nous espérons qu'avec Allemagne, puis toute l'Union, nous pourrons refonder l'Europe : construire une Europe souveraine.

Signataires: Christophe AREND, Député, Président du groupe d'amitié France - Allemagne de l'Assemblée nationale ; Thomas FRIANG, Président-fondateur de l'Institut Open Diplomacy ; Nathalie GRIESBECK, Députée européenne, Présidente de la Commission spéciale de lutte contre le terrorisme du Parlement européen ; Frédérique DUMAS, Députée, Vice-présidente de la Commission culture de l'Assemblée nationale ; et Sylvain WASERMAN, Député, Vice-président de l'Assemblée Nationale.

Retrouvez la tribune ici.

Le Huffington Post - 09/05/2018

Mise en ligne le 18/05/2018

Tribune : L'heure de vérité a sonné pour le patronat
Mise en ligne le 18/05/2018

Tribune en faveur d'un plan vélo

Tribune en faveur d'un plan vélo

TRIBUNE - Estimant que "le tout-voiture est dans une impasse", plus de 200 parlementaires appellent le gouvernement à mettre en place un plan vélo.

Oui, le vélo est un vrai moyen de transport. Non, il n'est pas limité aux citadins, mais il est aussi pertinent, pour certains déplacements, dans les territoires péri­urbains et ruraux. Oui, il est grand temps de le mettre au cœur de la mobilité du quotidien! Nous, parlementaires de sensibilités politiques variées mais rassemblés par la conviction que le vélo est un mode de déplacement d'avenir, appelons le gouvernement à mener un grand plan vélo dans le cadre de la future loi d'orientation des mobilités. Le vélo ne présente que des bénéfices : simple d'utilisation, peu onéreux, rapide, pratique, en phase avec son époque, s'adressant à tous sans distinction sociale ou géographique et bon pour la santé.

Les collectivités locales prennent aujourd'hui une large part mais ne peuvent pas porter à elles seules cet enjeu national. Le développement du vélo croise de nombreux enjeux nationaux et locaux : l'accès à la mobilité pour tous, la lutte contre l'enclavement, la solidarité, la santé, l'accès à l'emploi, l'optimisation des infrastructures, la décongestion et la lutte contre le réchauffement climatique. Nous avons vingt ans de retard par rapport à d'autres pays européens. En France, la part modale du vélo est de moins de 3% (contre 26% aux Pays-Bas, 19% au Danemark et 10% en Allemagne) et plus de deux tiers des déplacements domicile-travail de moins de 5 kilomètres sont encore faits en voiture !

Résorber les zones blanches

Le tout-voiture est aujourd'hui dans une impasse, dans un contexte de saturation des routes, de la hausse du prix des carburants et de la nécessaire réduction des émissions de CO2. Face à ces défis, le vélo est une solution de transport, pour bon nombre de déplacements, qu'il ne faut plus négliger comme alternative à la voiture individuelle. Une volonté des pouvoirs publics d'investir dans des infrastructures est essentielle afin de développer l'usage du vélo. Nous souhaitons ainsi le développement de liaisons dites "autoroutes vélo" entre différents pôles de vie sur un même territoire. Entre deux bourgs distants de quelques kilomètres, une piste cyclable sans coupures à côté d'une départementale n'est pas une utopie. Nous sommes également convaincus que les gares doivent devenir des pôles d'échanges multimodaux. Le déploiement d'infrastructures dédiées contribuera à la résorption des "zones blanches" de la mobilité dans certains territoires aujourd'hui en marge.

Pour déployer ces infrastructures dans nos territoires, le Conseil d'orientation des infrastructures a préconisé la mise en place d'un plan vélo de 350 millions d'euros sur quatre ans. Cette enveloppe financière, engagement fort à retranscrire dans la future loi d'orientation des mobilités, serait à la hauteur du retard accumulé. Nous souhaitons la mise en place d'appels à projets réguliers qui permettront aux petites communes de se mobiliser. Le vélo est à mettre au cœur de la mobilité quotidienne, tant professionnelle que sociale. Sept millions d'actifs sont actuellement en situation de "précarité mobilité", ce qui se traduit par une exclusion du marché du travail en l'absence de solutions de transport. Ainsi, un jeune sur quatre a refusé en 2017 un emploi ou une formation faute de moyen de transport : ce n'est pas acceptable!

Généraliser l'indemnité kilométrique vélo 

La mobilité est l'un des premiers facteurs du retour et du maintien à l'emploi. Nous sommes convaincus que le déploiement du vélo, notamment à assistance électrique, est l'une des réponses pour ne laisser personne sans solution de mobilité. D'ailleurs, il faudra évaluer les effets de la nouvelle aide nationale à l'achat d'un vélo à assistance électrique (VAE) dont la mise en place peut sembler complexe et restrictive ; le VAE constitue pourtant un mode de déplacement à encourager.

Nous espérons aussi que le gouvernement généralisera l'indemnité kilométrique vélo (IKV) pour tous les employeurs privés et publics, ce qui permettra aux salariés d'être indemnisés pour leurs déplacements domicile-travail à vélo. Sans attendre cette généralisation, il faut publier le décret déjà rédigé pour offrir cette possibilité aux fonctionnaires et répondre à l'engouement d'un nombre croissant de municipalités.Ce plan vélo doit être complet et s'accompagner de mesures de sécurité routière. Il s'inscrit parfaitement dans la généralisation du "savoir rouler" annoncée par le gouvernement à l'école primaire et du plan de "remise en selle" pour les adultes. Dans cette logique, nous espérons aussi voir adoptées des dispositions relatives au renforcement de la sécurité routière (l'Assemblée nationale a été endeuillée cette semaine par l'accident mortel d'une collaboratrice, renversée en vélo), particulièrement les composantes d'un code de la rue afin de faire évoluer la réglementation en l'adaptant aux besoins de tous les usagers de l'espace public.

Nous appelons à une véritable mobilisation de l'Etat, aux côtés des collectivités territoriales, pour accélérer la pratique du vélo dans notre société. Un engagement de la part des acteurs publics est absolument nécessaire pour favoriser l'usage du vélo et rattraper le retard pris en la matière. Un portage politique fort est impératif pour regarder le vélo, non plus avec condescendance, mais comme un mode de mobilité d'avenir.

Retrouvez cette tribune dans le JDD

Mise en ligne le 18/05/2018

Quid du prélèvement à la source pour les travailleurs frontaliers ?

Qu'en est-il du prélèvement de l'impôt à la source pour les travailleurs frontaliers ?

"Pour les salaires ou pensions de source étrangère effectivement imposables en France, le prélèvement prendra la forme d'une retenue à la source si le payeur est en France (par exemple, une entreprise française qui envoie un contribuable en mission temporaire à l'étranger) ou d'un acompte contemporain dans le cas contraire (i.e. lorsque le débiteur est à l'étranger, ce qui comprend par exemple les frontaliers, retraites étrangères).

Pour les frontaliers (c’est-à-dire les résidents fiscaux français qui vont travailler quotidiennement à l'étranger et dont les rémunérations sont imposables en France en application d’un accord "frontalier"), les salaires versés par leur employeur étranger sont dans le champ de la réforme mais ne seront pas soumis à la retenue à la source (il parait difficile d'exiger de ces employeurs étrangers qui n’ont aucun lien avec la France de pratiquer une retenue). Le prélèvement à la source prendra donc la forme d'un acompte contemporain calculé par l'administration fiscale et acquitté par le contribuable."

Mise en ligne le 18/05/2018