Vente de Smartville : les députés de Moselle-Est et les élus locaux interpellent Macron

Nicole Trisse, députée de la circonscription de Sarreguemines, Christophe Arend (Forbach) et Hélène Zannier (Saint-Avold) sont à l’unisson. Les parlementaires ont écrit ce mardi matin à Emmanuel Macron un courrier dans lequel ils lui demandent solennellement d’intervenir pour sauver le site smart. Les présidents des intercommunalités de Sarreguemines et de Bitche, ainsi que les maires de Sarreguemines et Hambach se joignent à leur initiative.

07 juil. 2020 à 13:46 | mis à jour à 16:14 - Temps de lecture : 2 min

Alors que l’on a appris ce mardi matin qu’Ineos Automotive se mettait sur les rangs pour racheter le site de Smartville mis en vente par le groupe Daimler, les parlementaires de Moselle-Est appellent Emmanuel Macron au secours. Dans leur courrier, ils expliquent « les conséquences catastrophiques que la fermeture du site entraînerait pour le bassin d’emploi de Moselle-Est ». « La décision de Daimler va à l’encontre des annonces qui avaient été faites en 2018 : un investissement de 500 millions d'euros pour produire un SUV électrique à Hambach. »

Les trois députés redoutent que la vente entraîne « de nombreuses suppressions d’emplois qui ne feraient qu’empirer la situation d’un territoire où le taux de chômage est déjà très élevé ». « Nous savons que la filière automobile traverse une crise sans précédent en France et en Allemagne. Nous souhaitons que l’Etat se mobilise aux côtés du groupe Daimler pour trouver un repreneur. »

Angela Merkel sollicitée également

Dans leurs conclusions, les parlementaires demandent non seulement au Président Macron d’intervenir auprès du groupe Daimler ainsi qu’à la Chancelière allemande Angela Merkel « afin que nos deux nations continuent à développer ensemble des stratégies communes pour redynamiser le territoire transfrontalier. »

Quatre cosignataires se joignent à cette initiative, à savoir, Daniel Muller, maire de Hambach, Roland Rot, président de la Communauté d’agglomération Sarreguemines Confluences, Francis Vogt, président de la Communauté de communes de Bitche et Marc Zingraff, maire de Sarreguemines.

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Le Républicain lorrain - 07/07/2020

Mise en ligne le 04/08/2020

Aucun lit de réanimation : le député et le maire font le forcing auprès de l’ARS

Le député et le maire de Forbach ont rencontré la déléguée de l’Agence régionale de santé à l’hôpital public de Forbach. Pour les deux élus, c’était l’occasion de formuler, à nouveau, une revendication : la création urgente de huit lits de réanimation au centre hospitalier Marie-Madeleine.

Par Stéphane MAZZUCOTELLI - 06:30 | mis à jour à 07:30 - Temps de lecture : 2 min

La crise sanitaire a révélé un manque criant de lits de réanimation en Moselle-Est. Particulièrement à Forbach où l’hôpital Marie-Madeleine n’est pourvu d’aucun lit de cette spécialité. Les élus locaux revendiquent désormais la création de huit lits de réanimation au centre hospitalier forbachois.

Ce mercredi, Christophe Arend et Alexandre Cassaro ont rencontré Lamia Himer, déléguée de l’Agence régionale de santé (ARS) pour la Moselle. Le député de la 6e circonscription et le maire de la ville ont profité de cette entrevue pour rappeler leurs doléances.

Un projet d’extension dans les cartons

« Nous avons évoqué la mise en œuvre d’un projet architectural visant à améliorer nos capacités d’accueil, peut-être en rajoutant une aile aux bâtiments actuels, comme c’était prévu dans les années 80.

Surtout nous avons demandé, le plus rapidement possible, l’obtention de huit lits de réanimation à Forbach dans le cadre du Plan Ségur  », écrivent les deux élus dans un communiqué commun.

Pour eux, cette attribution répondrait à « un souci d’équité et d’équilibre dans l’offre de soin du bassin de vie ». En effet, les hôpitaux voisins de Sarreguemines et de Saint-Avold sont déjà pourvus de quelques lits de réa.

Un complément logique des autres unités existantes

« Il serait logique que Forbach soit doté d’un service de réanimation. Il serait complémentaire des unités déjà existantes de neurologie, de pneumologie, de maternité et réa néonatologie (pour les bébés) ou de soins intensifs en cardiologie. Lors de la rencontre, la direction de l’hôpital et des médecins ont apporté des données chiffrées qui justifient pleinement la création d’une réa à Forbach », détaille Christophe Arend.

Lors du pic épidémique du coronavirus, il avait fallu créer six lits de réa temporaires, dans l’urgence, pour faire face à l’afflux de malades.   Photo RL /Stéphane STIFTER

Le député LREM ajoute : « La Moselle-Est a fait partie des secteurs les plus endeuillés de France quand l’épidémie de Covid-19 a atteint son paroxysme. Si cette terrible crise a révélé de grandes capacités d’adaptation et la qualité extraordinaire de nos personnels soignants , elle a aussi démontré des failles et des besoins de notre système de santé à l’échelle nationale comme à celle de notre territoire ».

Le parlementaire et le maire de Forbach espèrent avoir convaincu la représentante de l’ARS de la pertinence de leur démonstration. « Ces lits serviront dans la pratique des spécialités médicales de l’hôpital et dans l’exercice de la médecine lourde ainsi qu’en cas de récidive d’une crise comme celle de mars dernier », concluent Alexandre Cassaro et Christophe Arend.

 

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Le Républicain lorrain - 31/07/2020

Mise en ligne le 31/07/2020

Le Parc Explor Wendel de Petite-Rosselle se construit un restaurant pour attirer les visiteurs

Le musée de la mine du Parc Explor Wendel, à Petite-Rosselle, investit un peu moins de 2 millions d'euros pour construire un restaurant dans son enceinte, qui doit ouvrir d'ici un an. Le Parc Explor espère ainsi attirer davantage de tour-opérateurs et de voyages organisés.

Les visiteurs sont de retour. On a même des créneaux de réservations qui sont pleins", se félicite Gérard Bruck, le président du syndicat mixte du Musée les mineurs du Parc Explor Wendel. Depuis sa réouverture le 16 juin avec des créneaux de réservation pour le respect des mesures sanitaires, le musée minier de Petite-Rosselle fait recette. Ses dirigeants, avec les élus locaux, ont posé jeudi 23 juillet la première pierre d'un futur restaurant qui va compléter l'offre du parc.

"Les visiteurs peuvent visiter la mine le matin, faire une pause le midi, et visiter le musée l'après-midi, il fallait donc une offre pour la pause méridienne", explique Daniel Deutsch. Cet historien rossellois, créateur en 2016 d'une fondation destinée à aider le musée, a fait don de 300 000 euros pour la création du restaurant, sur un investissement total de 1,7 million d'euros financé en grande partie par les collectivités. 

Un investissement qui en appelle d'autres

"Les pouvoirs publics mettent de l'argent, mais nous les gens du cru, on doit aussi faire un effort", explique ce fils et petit-fils d'employé des mines de la famille de Wendel. Le restaurant doit ouvrir au "second semestre 2021", indique Gérard Bruck. Il comportera un grand comptoir et la possibilité de fournir les cars de touristes des tour-opérateurs, un des grands enjeux d'attractivité du site : "On a constaté que la cafétéria existante attire beaucoup de monde", explique le président du syndicat mixte. 

Un investissement qui en appelle d'autres, pense Christophe Arend, député LREM de Moselle, présent à la pose de la première pierre : "Il faut que cette structure là qui est musée de France ait un restaurant digne de ce nom, et à partir du moment où des activités de loisir se développent, il va falloir réfléchir à des solutions d'hébergement. Le tourisme après la Covid-19 sera davantage local, et il y a une opportunité à saisir ici". Déjà, des anciens bâtiments miniers ont été réhabilités pour accueillir des artisans qui voudraient s'installer dans ce lieu chargé d'histoire. 

France Bleu - 23/07/2020

Mise en ligne le 31/07/2020

La frontière franco-allemande, bassin d'emploi dynamique et vital

2ème article de la mini-série « la frontière franco-allemande, bien plus qu’un tracé, un bassin de vie »

4 juillet, par Théo Boucart

GRAND ANGLE. Avec ses 451 kilomètres et sa structure de gouvernance complexe et dynamique, la frontière entre la France et l’Allemagne est un modèle d’intégration territoriale et voit passer chaque jour des centaines de milliers de travailleurs frontaliers. Quel a été l’influence du coronavirus sur ces flux vitaux pour l’ensemble des territoires concernés ?

Les images ont fait le tour des médias hexagonaux et donné lieu à d’intenses polémiques. Durant la fermeture de la frontière franco-allemande entre mi-mars et mi-juin, de nombreux frontaliers français se sont fait contrôler abusivement par les douaniers allemands, et ce alors que certains points de passage frontaliers étaient de nouveau ouverts dès avril. Certains Français se sont même fait insulter en Sarre, poussant de nombreux responsables politiques allemands à condamner ces attaques et à s’excuser officiellement face à ce « Franzosen-Bashing » aussi inédit qu’inquiétant, alors que la France et l’Allemagne sont censés amorcer une coopération encore plus intégrée, notamment au niveau transfrontalier, avec le traité d’Aix-la-Chapelle.

Ces incidents déplorables se seraient-ils produits si l’Allemagne et les Bundesländer frontaliers, Sarre, Rhénanie-Palatinat et Bade-Wurtemberg en tête, avaient rappelé dès le début toute l’importance de la présence des travailleurs frontaliers pour l’économie locale, comme ça a été le cas en Belgique et au Luxembourg ? Avec des « si », on referait la crise du coronavirus. Toutefois, ces épisodes ont mis en exergue tout l’enjeu des flux de travail entre les différents territoires transfrontaliers

A sens unique

Selon les derniers chiffres disponibles de l’INSEE, datant de 2015, plus de 360000 personnes résidant en France allaient travailler dans un pays frontalier. Dans le même temps, seuls 10000 personnes faisaient le sens inverse pour travailler dans l’Hexagone.

Parmi tous ces travailleurs frontaliers, 165000 habitaient dans le Grand-Est, dont 45000 allaient tous les jours en Allemagne pour y travailler, en particulier dans la région de Sarrebruck et de Saarlouis en Sarre, et à Baden-Baden et Rastatt dans le Bade-Wurtemberg. Selon le service EURES-T-Rhin supérieur, 25000 travailleurs frontaliers alsaciens allaient en Allemagne en 2016, contre seulement 1300 qui faisaient le chemin inverse. Du côté de la Sarre, près de 20000 résidents français faisaient la navette quotidiennement vers le petit Bundesland allemand et sa capitale Sarrebruck. Il est à noter toutefois que 25% des frontaliers résidant en France sont en réalité des Allemands.

Si le nombre de travailleurs frontaliers en Allemagne paraît important, c’est peu comparé au nombre de frontaliers travaillant au Luxembourg (près de 80000 personnes). De plus, les résidents français ne représentent qu’environ 2% des travailleurs des zones frontalières allemandes (définies selon l’INSEE comme une zone géographique située à moins de 25 kilomètres de la frontière).

Un flux à sens unique donc, mais qui a tendance à se tarir ces dernières années. Entre 2010 et 2015, le nombre de travailleurs vers l’Allemagne a baissé de presque 1% par an. La raison à cette baisse serait à trouver dans la crise économique, mais également dans la structure des emplois des frontaliers, toujours selon l’INSEE. Une forte proportion d’entre eux travaillent en effet dans les bassins industriels de Sarre ou du pays de Bade en tant qu’ouvriers et sont donc plus âgés en moyenne (21% des frontaliers avaient en effet plus de 55 ans en 2015). La jeune génération serait à la fois moins germanophone et plus qualifiée, recherchant plus souvent des emplois mieux rémunérés, en Suisse ou au Luxembourg. Toutefois, la tendance à long terme est à l’augmentation sensible : les flux de travailleurs transfrontaliers ont ainsi augmenté de 15% entre 2006 et 2016, selon EURES.

Les statistiques ne prennent pas en compte les milliers d’étudiants français et allemands qui font un stage dans l’autre pays ou un apprentissage transfrontalier (les universités frontalières du Grand Est proposent en effet quelques cursus où il est possible d’effectuer une période d’alternance en entreprise en Allemagne).

Dynamique vertueuse

Malgré le côté unidirectionnel des flux transfrontaliers, les territoires français tirent leur épingle du jeu et développent des emplois grâce au dynamisme de la croissance outre-Rhin, en partie possible grâce aux travailleurs frontaliers. C’est le cas notamment de Strasbourg, où l’emploi créé dans l’eurométropole a augmenté entre 2010 et 2015, malgré la baisse des flux frontaliers vers l’Allemagne.

Certaines institutions se sont ainsi adaptées en conséquence pour répondre au mieux à ces besoins transfrontaliers et pour conseiller les citoyens. EURES-T-Rhin supérieur et EURES-Grande Région sont deux de ces réseaux transfrontaliers proposés par EURES (le service européen pour l’emploi) pour favoriser l’émergence d’un marché de l’emploi transfrontalier, en impliquant les différents acteurs comme les organisations patronales, les syndicats, les services publics de l’emploi et les collectivités territoriales.

Parmi ces différents acteurs se trouvent aussi les services de placement transfrontalier (SPT), une offre conjointe de Pôle Emploi et de la Bundesagentur für Arbeit allemande et s’adresse également aux travailleurs désireux d’exercer dans les zones frontalières ou bien dans les entreprises de la région. Actuellement, cinq SPT quadrillent la frontière franco-allemande : celui de Saarland, Lorraine, Kaiserslautern, Pirmasens dans la Grande Région, et ceux de Wissembourg, Haguenau, Landau, Karlsruhe-Rastatt, de Strasbourg-Ortenau, de Sélestat, Freiburg – Emmendingen et de Haut-Rhin, Freiburg-Lörrach.

Les différentes chambres de commerce et d’industrie de part et d’autre de la frontière fournissent aussi de nombreuses informations sur l’économie et le marché de l’emploi local.

Le choc de la crise des frontières

En ayant toutes ces informations en tête, on se rend plus facilement compte des effets traumatisants de la fermeture des frontières pendant trois longs mois. Il faut dire que les premières semaines ont été particulièrement dures pour les travailleurs frontaliers. Jusqu’à la mi-mai, les points de passage étaient fermés et les contrôles se faisaient stricts. Même lorsqu’ils avaient une attestation de leur employeur, de nombreux travailleurs frontaliers se sont sentis indésirables, aussi bien dans la rue que sur leur lieu de travail.

L’allègement des contrôles à partir du 16 mai (les contrôles sont alors devenus aléatoires et non plus systématiques) n’a pas forcément arrangé cette situation. Christophe Arend, député LREM de Forbach (en Moselle) et président du groupe d’amitié entre la France et l’Allemagne, a fustigé dans une interview à France 3 de « nombreux dysfonctionnements » dans la gestion commune de la fermeture des frontières et des conséquences sur les travailleurs frontaliers, comme par exemple la double imposition de certains d’entre eux au chômage partiel. La fermeture des frontières a également eu pour conséquence une vague d’annulation de stages et une situation encore plus compliquée pour l’apprentissage transfrontalier, déjà bien handicapé par la réforme de l’apprentissage en France.

La rupture des flux de travail a également été ressentie dans les pays bénéficiaires. Certains hôpitaux frontaliers (surtout au Luxembourg) se sont ainsi retrouvés en flux très tendus sans le personnel venant de France. Cette situation montre paradoxalement toute la vitalité des régions transfrontalières en termes d’emploi et de création de valeur ajoutée et doivent donner tort aux populistes de tous bords qui préconisent la suppression de l’espace Schengen et la relocalisation de certains emplois en France.

Cet article est le deuxième d’une mini-série intitulée « la frontière franco-allemande, bien plus qu’un tracé, un bassin de vie », publiée à l’occasion de la crise des frontières dû au coronavirus. Elle souhaite montrer tous les enjeux régionaux, ainsi que la vitalité des interactions de part et d’autre de la frontière, pour que le lecteur puisse comprendre à quel point une fermeture de la frontière franco-allemande, même partielle et temporaire, a des conséquences considérables sur la vie de millions d’habitants.

 

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Le Taurillon - 04/07/2020

Mise en ligne le 29/07/2020

Attaques contre Gérald Darmanin, 167 parlementaires de la majorité alertent

Attaques contre Gérald Darmanin, 167 parlementaires de la majorité alertent : « La justice ne sera plus rendue si accusation vaut condamnation »

Dans une tribune au « Monde », des parlementaires de la majorité dénoncent les attaques contre le ministre de l’intérieur, qui font fi de la présomption d’innocence. Un principe protégé par la Constitution, rappellent-ils, tout comme celui de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Publié aujourd’hui à 03h28, mis à jour à 09h54

Tribune. Le nouveau gouvernement est l’objet d’attaques particulièrement violentes de la part de manifestantes et manifestants qui dénoncent la nomination de deux ministres régaliens, celui de l’intérieur et celui de la justice, en scandant des slogans aussi indignes et diffamants que « Bienvenue au ministère du viol », « Violeurs en prison, pas au gouvernement » ou encore « La culture du viol En marche ».

Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, nous sommes toutes et tous engagés au sein de la majorité présidentielle pour faire progresser l’égalité entre les femmes et les hommes et pour lutter contre les violences sexuelles et sexistes.

C’est une grande cause nationale du quinquennat, nous la portons avec force, détermination et constance, et nous en sommes fiers. Si du chemin a été parcouru, nous sommes conscientes et conscients qu’il nous faut continuer à œuvrer en nous rappelant à chaque instant que rien n’est jamais définitivement acquis. Toutefois, nous devons le faire sans renoncer à ce que nous sommes : un Etat de droit.

La présomption d’innocence est protégée par notre Constitution, la même qui consacre le principe de l’égalité entre les femmes et les hommes. Ce ne sont pas des valeurs concurrentes mais bien complémentaires. La liberté est indissociable de l’égalité dans notre pacte républicain.

Un garde-fou contre l’arbitraire

En France, seule l’institution judiciaire peut dire qui est coupable ou non, et c’est un garde-fou contre l’arbitraire. L’histoire nous l’a appris, la justice doit être rendue dans les prétoires dans le respect des droits humains. La vindicte populaire n’est pas la justice. Là où l’arbitraire règne, il n’y a pas de démocratie et les plus faibles sont livrés au sort des plus forts.

Dans les pays où la présomption d’innocence est bafouée, les victimes de violences sexuelles, et plus généralement les femmes, ne sont jamais mieux protégées. Au contraire.

Aussi, lorsqu’un individu, quel qu’il soit et quel que soit son statut, n’a jamais été condamné, il a le droit, comme tout citoyen, à la présomption d’innocence. Le ministre de l’intérieur, qui de surcroît n’est ni mis en examen ni placé sous contrôle judiciaire, ne fait pas exception. Quel que soit le sujet, la justice ne sera plus rendue si accusation vaut condamnation.

De même, tout individu a le droit d’être défendu, quelle que soit la gravité des faits qui lui sont reprochés. C’est un très mauvais signe qu’on puisse aujourd’hui, dans une démocratie, reprocher à un avocat – devenu ministre de la justice ou non – d’avoir assuré cette défense.

Et si la justice a le devoir d’être impartiale, elle doit également être attentive au sort des plaignantes et des plaignants. C’est pour cela que nous continuons sans relâche à travailler pour améliorer leur accompagnement et leur écoute à chaque instant, pour que le parcours judiciaire ne soit plus un parcours du combattant.

Le combat qui doit nous unir est un combat pour faire progresser les droits des femmes, pour lutter contre la culture du viol, contre les stéréotypes de genre, contre l’omerta qui condamne les victimes à une double peine.

Mais on ne combat pas une injustice par une autre injustice. Nous sommes engagés pour les droits des femmes et nous avons pleinement confiance dans ce nouveau gouvernement pour continuer à œuvrer comme nous le faisons depuis le début du quinquennat.

 

Le Monde - 2020/07/15

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Mise en ligne le 15/07/2020