La frontière franco-allemande, bassin d'emploi dynamique et vital

2ème article de la mini-série « la frontière franco-allemande, bien plus qu’un tracé, un bassin de vie »

4 juillet, par Théo Boucart

GRAND ANGLE. Avec ses 451 kilomètres et sa structure de gouvernance complexe et dynamique, la frontière entre la France et l’Allemagne est un modèle d’intégration territoriale et voit passer chaque jour des centaines de milliers de travailleurs frontaliers. Quel a été l’influence du coronavirus sur ces flux vitaux pour l’ensemble des territoires concernés ?

Les images ont fait le tour des médias hexagonaux et donné lieu à d’intenses polémiques. Durant la fermeture de la frontière franco-allemande entre mi-mars et mi-juin, de nombreux frontaliers français se sont fait contrôler abusivement par les douaniers allemands, et ce alors que certains points de passage frontaliers étaient de nouveau ouverts dès avril. Certains Français se sont même fait insulter en Sarre, poussant de nombreux responsables politiques allemands à condamner ces attaques et à s’excuser officiellement face à ce « Franzosen-Bashing » aussi inédit qu’inquiétant, alors que la France et l’Allemagne sont censés amorcer une coopération encore plus intégrée, notamment au niveau transfrontalier, avec le traité d’Aix-la-Chapelle.

Ces incidents déplorables se seraient-ils produits si l’Allemagne et les Bundesländer frontaliers, Sarre, Rhénanie-Palatinat et Bade-Wurtemberg en tête, avaient rappelé dès le début toute l’importance de la présence des travailleurs frontaliers pour l’économie locale, comme ça a été le cas en Belgique et au Luxembourg ? Avec des « si », on referait la crise du coronavirus. Toutefois, ces épisodes ont mis en exergue tout l’enjeu des flux de travail entre les différents territoires transfrontaliers

A sens unique

Selon les derniers chiffres disponibles de l’INSEE, datant de 2015, plus de 360000 personnes résidant en France allaient travailler dans un pays frontalier. Dans le même temps, seuls 10000 personnes faisaient le sens inverse pour travailler dans l’Hexagone.

Parmi tous ces travailleurs frontaliers, 165000 habitaient dans le Grand-Est, dont 45000 allaient tous les jours en Allemagne pour y travailler, en particulier dans la région de Sarrebruck et de Saarlouis en Sarre, et à Baden-Baden et Rastatt dans le Bade-Wurtemberg. Selon le service EURES-T-Rhin supérieur, 25000 travailleurs frontaliers alsaciens allaient en Allemagne en 2016, contre seulement 1300 qui faisaient le chemin inverse. Du côté de la Sarre, près de 20000 résidents français faisaient la navette quotidiennement vers le petit Bundesland allemand et sa capitale Sarrebruck. Il est à noter toutefois que 25% des frontaliers résidant en France sont en réalité des Allemands.

Si le nombre de travailleurs frontaliers en Allemagne paraît important, c’est peu comparé au nombre de frontaliers travaillant au Luxembourg (près de 80000 personnes). De plus, les résidents français ne représentent qu’environ 2% des travailleurs des zones frontalières allemandes (définies selon l’INSEE comme une zone géographique située à moins de 25 kilomètres de la frontière).

Un flux à sens unique donc, mais qui a tendance à se tarir ces dernières années. Entre 2010 et 2015, le nombre de travailleurs vers l’Allemagne a baissé de presque 1% par an. La raison à cette baisse serait à trouver dans la crise économique, mais également dans la structure des emplois des frontaliers, toujours selon l’INSEE. Une forte proportion d’entre eux travaillent en effet dans les bassins industriels de Sarre ou du pays de Bade en tant qu’ouvriers et sont donc plus âgés en moyenne (21% des frontaliers avaient en effet plus de 55 ans en 2015). La jeune génération serait à la fois moins germanophone et plus qualifiée, recherchant plus souvent des emplois mieux rémunérés, en Suisse ou au Luxembourg. Toutefois, la tendance à long terme est à l’augmentation sensible : les flux de travailleurs transfrontaliers ont ainsi augmenté de 15% entre 2006 et 2016, selon EURES.

Les statistiques ne prennent pas en compte les milliers d’étudiants français et allemands qui font un stage dans l’autre pays ou un apprentissage transfrontalier (les universités frontalières du Grand Est proposent en effet quelques cursus où il est possible d’effectuer une période d’alternance en entreprise en Allemagne).

Dynamique vertueuse

Malgré le côté unidirectionnel des flux transfrontaliers, les territoires français tirent leur épingle du jeu et développent des emplois grâce au dynamisme de la croissance outre-Rhin, en partie possible grâce aux travailleurs frontaliers. C’est le cas notamment de Strasbourg, où l’emploi créé dans l’eurométropole a augmenté entre 2010 et 2015, malgré la baisse des flux frontaliers vers l’Allemagne.

Certaines institutions se sont ainsi adaptées en conséquence pour répondre au mieux à ces besoins transfrontaliers et pour conseiller les citoyens. EURES-T-Rhin supérieur et EURES-Grande Région sont deux de ces réseaux transfrontaliers proposés par EURES (le service européen pour l’emploi) pour favoriser l’émergence d’un marché de l’emploi transfrontalier, en impliquant les différents acteurs comme les organisations patronales, les syndicats, les services publics de l’emploi et les collectivités territoriales.

Parmi ces différents acteurs se trouvent aussi les services de placement transfrontalier (SPT), une offre conjointe de Pôle Emploi et de la Bundesagentur für Arbeit allemande et s’adresse également aux travailleurs désireux d’exercer dans les zones frontalières ou bien dans les entreprises de la région. Actuellement, cinq SPT quadrillent la frontière franco-allemande : celui de Saarland, Lorraine, Kaiserslautern, Pirmasens dans la Grande Région, et ceux de Wissembourg, Haguenau, Landau, Karlsruhe-Rastatt, de Strasbourg-Ortenau, de Sélestat, Freiburg – Emmendingen et de Haut-Rhin, Freiburg-Lörrach.

Les différentes chambres de commerce et d’industrie de part et d’autre de la frontière fournissent aussi de nombreuses informations sur l’économie et le marché de l’emploi local.

Le choc de la crise des frontières

En ayant toutes ces informations en tête, on se rend plus facilement compte des effets traumatisants de la fermeture des frontières pendant trois longs mois. Il faut dire que les premières semaines ont été particulièrement dures pour les travailleurs frontaliers. Jusqu’à la mi-mai, les points de passage étaient fermés et les contrôles se faisaient stricts. Même lorsqu’ils avaient une attestation de leur employeur, de nombreux travailleurs frontaliers se sont sentis indésirables, aussi bien dans la rue que sur leur lieu de travail.

L’allègement des contrôles à partir du 16 mai (les contrôles sont alors devenus aléatoires et non plus systématiques) n’a pas forcément arrangé cette situation. Christophe Arend, député LREM de Forbach (en Moselle) et président du groupe d’amitié entre la France et l’Allemagne, a fustigé dans une interview à France 3 de « nombreux dysfonctionnements » dans la gestion commune de la fermeture des frontières et des conséquences sur les travailleurs frontaliers, comme par exemple la double imposition de certains d’entre eux au chômage partiel. La fermeture des frontières a également eu pour conséquence une vague d’annulation de stages et une situation encore plus compliquée pour l’apprentissage transfrontalier, déjà bien handicapé par la réforme de l’apprentissage en France.

La rupture des flux de travail a également été ressentie dans les pays bénéficiaires. Certains hôpitaux frontaliers (surtout au Luxembourg) se sont ainsi retrouvés en flux très tendus sans le personnel venant de France. Cette situation montre paradoxalement toute la vitalité des régions transfrontalières en termes d’emploi et de création de valeur ajoutée et doivent donner tort aux populistes de tous bords qui préconisent la suppression de l’espace Schengen et la relocalisation de certains emplois en France.

Cet article est le deuxième d’une mini-série intitulée « la frontière franco-allemande, bien plus qu’un tracé, un bassin de vie », publiée à l’occasion de la crise des frontières dû au coronavirus. Elle souhaite montrer tous les enjeux régionaux, ainsi que la vitalité des interactions de part et d’autre de la frontière, pour que le lecteur puisse comprendre à quel point une fermeture de la frontière franco-allemande, même partielle et temporaire, a des conséquences considérables sur la vie de millions d’habitants.

 

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Le Taurillon - 04/07/2020

Mise en ligne le 29/07/2020

Attaques contre Gérald Darmanin, 167 parlementaires de la majorité alertent

Attaques contre Gérald Darmanin, 167 parlementaires de la majorité alertent : « La justice ne sera plus rendue si accusation vaut condamnation »

Dans une tribune au « Monde », des parlementaires de la majorité dénoncent les attaques contre le ministre de l’intérieur, qui font fi de la présomption d’innocence. Un principe protégé par la Constitution, rappellent-ils, tout comme celui de l’égalité entre les femmes et les hommes.

Publié aujourd’hui à 03h28, mis à jour à 09h54

Tribune. Le nouveau gouvernement est l’objet d’attaques particulièrement violentes de la part de manifestantes et manifestants qui dénoncent la nomination de deux ministres régaliens, celui de l’intérieur et celui de la justice, en scandant des slogans aussi indignes et diffamants que « Bienvenue au ministère du viol », « Violeurs en prison, pas au gouvernement » ou encore « La culture du viol En marche ».

Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, nous sommes toutes et tous engagés au sein de la majorité présidentielle pour faire progresser l’égalité entre les femmes et les hommes et pour lutter contre les violences sexuelles et sexistes.

C’est une grande cause nationale du quinquennat, nous la portons avec force, détermination et constance, et nous en sommes fiers. Si du chemin a été parcouru, nous sommes conscientes et conscients qu’il nous faut continuer à œuvrer en nous rappelant à chaque instant que rien n’est jamais définitivement acquis. Toutefois, nous devons le faire sans renoncer à ce que nous sommes : un Etat de droit.

La présomption d’innocence est protégée par notre Constitution, la même qui consacre le principe de l’égalité entre les femmes et les hommes. Ce ne sont pas des valeurs concurrentes mais bien complémentaires. La liberté est indissociable de l’égalité dans notre pacte républicain.

Un garde-fou contre l’arbitraire

En France, seule l’institution judiciaire peut dire qui est coupable ou non, et c’est un garde-fou contre l’arbitraire. L’histoire nous l’a appris, la justice doit être rendue dans les prétoires dans le respect des droits humains. La vindicte populaire n’est pas la justice. Là où l’arbitraire règne, il n’y a pas de démocratie et les plus faibles sont livrés au sort des plus forts.

Dans les pays où la présomption d’innocence est bafouée, les victimes de violences sexuelles, et plus généralement les femmes, ne sont jamais mieux protégées. Au contraire.

Aussi, lorsqu’un individu, quel qu’il soit et quel que soit son statut, n’a jamais été condamné, il a le droit, comme tout citoyen, à la présomption d’innocence. Le ministre de l’intérieur, qui de surcroît n’est ni mis en examen ni placé sous contrôle judiciaire, ne fait pas exception. Quel que soit le sujet, la justice ne sera plus rendue si accusation vaut condamnation.

De même, tout individu a le droit d’être défendu, quelle que soit la gravité des faits qui lui sont reprochés. C’est un très mauvais signe qu’on puisse aujourd’hui, dans une démocratie, reprocher à un avocat – devenu ministre de la justice ou non – d’avoir assuré cette défense.

Et si la justice a le devoir d’être impartiale, elle doit également être attentive au sort des plaignantes et des plaignants. C’est pour cela que nous continuons sans relâche à travailler pour améliorer leur accompagnement et leur écoute à chaque instant, pour que le parcours judiciaire ne soit plus un parcours du combattant.

Le combat qui doit nous unir est un combat pour faire progresser les droits des femmes, pour lutter contre la culture du viol, contre les stéréotypes de genre, contre l’omerta qui condamne les victimes à une double peine.

Mais on ne combat pas une injustice par une autre injustice. Nous sommes engagés pour les droits des femmes et nous avons pleinement confiance dans ce nouveau gouvernement pour continuer à œuvrer comme nous le faisons depuis le début du quinquennat.

 

Le Monde - 2020/07/15

Retrouvez l'article ici.

Mise en ligne le 15/07/2020

Versammlung zu Treffen Macron mit Merkel in Meseberg

Christophe Arend (LREM) Vors. der deutsch-französischen Parlamentarischen Versammlung zu Treffen Macron mit Merkel in Meseberg

Der Vorsitzende der deutsch-französischen Parlamentarischen Versammlung, Christophe Arend, hat gelassen auf das Abschneiden seiner Partei, der LREM von Präsident Macron bei den Kommunalwahlen gestern, reagiert.Im SWR2 Tagesgespräch sagte Arend, es komme jetzt darauf an, wie Präsident Macron mit den Vorschlägen zum Umweltschutz umgehe, die 150 per Zufall ausgewählte Franzosen in der vergangenen Woche gemacht hatten. Vor dem Treffen von Bundeskanzlerin Merkel und Präsident Macron heute Nachmittag in Meseberg sagte Arend im SWR2 Tagesgespräch: "Heute müssen wir zeigen, dass Europa nur vorankommt, wenn Frankreich und Deutschland zusammenhalten." Europa stehe vor großen Herausforderungen z.B. die Digitalwende, die Energiewende oder die Wirtschaftskrise durch Corona. Er glaube fest daran, dass keiner diese Herausforderungen in diesem großen Weltkonzert gegen China und die Vereinigten Staaten alleine schaffe.

Sendung vom 

Mo, 29.6.2020 7:07 Uhr, SWR2 Tagesgespräch, SWR2

Retrouvez l'enregistrement ici. 

Mise en ligne le 15/07/2020

Politiquement Votre - RCF Radio

Politiquement Votre - RCF Radio

Christophe Arend, député de la sixième circonscription de la Moselle

Présentée par Roger Cayzelle

Élu député lors des élections législatives de 2017 sous l'étiquette LREM, il est aujourd'hui un spécialiste reconnu de la question des relations avec l'Allemagne.

Nous revenons avec lui sur la crise sanitaire, et sur ce que cette dernière a révélé dans la relation Franco-allemande.Un émission spéciale dédiée au transfrontalier, animée par Roger Cayzelle, avec Guy Keckhut et Cédric Rouillon.

Retrouvez le lien de l'émission ici. 

26/06/2020 - RCF

Mise en ligne le 15/07/2020

Reportage ZDF sur Forbach

La ZDF a réalisé un reportage sur Forbach. La fin de l'exploitation minière a entrainé de profonds bouleversements socio-économiques pour les habitants de ce bassin de vie. Désormais, il faut s'atteler à une vraie reconversion de notre territoire. Forbach est une zone attractive pour l'innovation, nous devons développer des alternatives et des projets durables pour nos concitoyens ! Paris doit tenir compte de nos particularités !!!

Reportage à partir de 15 minutes: https://www.zdf.de/politik/auslandsjournal

Das ZDF Auslandsjournal - 24/06/2020

Mise en ligne le 25/06/2020