La France doit tenir compte de l’Allemagne dans ses exportations d’armes

  • Thomas Gassilloud (LREM) appelle Paris à prendre en compte « les intérêts et les avis » de l’Allemagne sur l’armement franco-allemand et sur les exportations d’armes et Berlin à assumer sa propre défense. 

Thomas Gassilloud est député La République en marche du Rhône. Il fait partie de la délégation parlementaire française (Task Force MGCS) qui a rencontré en Allemagne des députés de la commission de défense du Bundestag et des hauts responsables de la défense. Cette délégation compte aussi dans ses rangs Sereine Mauborgue, députée du Var (LREM), Jean-Charles Larsonneur, député du Finistère (LREM) et rapporteur du programme 146 (Equipement des forces et dissuasion) et Christophe Arend, député de la Moselle (LREM) et président du groupe d’amitié franco-allemande)

Une petite délégation de parlementaires français a rencontré des députés de la commission de défense du Bundestag et des hauts responsables de la défense. En tant que rapporteur du budget de l’armée de terre, avez-vous le sentiment que le programme du futur char franco-allemand est « blindé » ? 

Les deux pays ont bien compris que pour construire le char du futur, qui sera un système de systèmes (programme MGCS ou Main Ground Combat System, ndlr), ils ont besoin de travailler ensemble. Seuls ils ne pourront pas continuer à être dans la course dans cette filière bien que l’actuel char allemand, le Leopard, soit une réussite commerciale mondiale et le Leclerc, un très bon char. Il y a donc une nécessité et un intérêt de travailler ensemble entre Français et Allemands. Cette volonté correspond à une demande politique très forte réaffirmée par le couple Merkel/Macron, encore récemment au travers du nouveau Traité franco-allemand d’Aix-la-Chapelle. Au regard de l’histoire franco-allemande sur les 20 à 30 dernières années, on se rend compte toutefois que tout n’est pas toujours si simple entre les deux pays. Dans le domaine de la défense, il y a deux sujets qui méritent d’être clarifiés : celui du portage industriel entre les industriels de part et d’autre du Rhin, qui cherchent chacun à avoir leur place dans ce grand projet, et la question des exportations…

… Justement, l’arrivée probable de Rheinmetall dans ce projet ne va-t-elle pas déséquilibrer le projet du côté allemand ?

C’est effectivement un nouvel élément à prendre en compte. Au départ, il y avait KNDS qui est l’acteur franco-allemand de référence (une société à 50/50 entre Nexter et Krauss Maffei Wegmann, ndlr) mais qui doit bien prendre en compte les autres acteurs, dont Rheinmetall. Le projet de MGCS ne réussira que si tout le monde est satisfait. Il serait bien dommage de se priver également d’un acteur aussi important. L’actuelle négociation de gouvernement à gouvernement doit faire avancer ce dossier.

Mais n’y a-t-il pas un risque réel d’avoir un déséquilibre en faveur des Allemands ?

Bien sûr sachant que l’Allemagne est leader sur le projet MGCS alors que la France l’est sur le SCAF. Dans le cadre de la négociation d’État à État, la France est attentive au fait que ses intérêts industriels soient respectés. Plusieurs pistes qui sont à l’étude pour que cet équilibre soit respecté avec potentiellement d’autres acteurs qui pourraient rentrer dans le programme.

Deuxième enjeu important, l’harmonisation de la politique d’exportation des armes entre Berlin et Paris, qui est un point divergent entre les deux pays. Avez-vous le sentiment lors de votre visite à Berlin que des points de convergences peuvent être atteints ?

Parler de la question de l’exportation est effectivement fondamental avant de se lancer dans des programmes en commun. Développer et fabriquer un programme à deux veut clairement dire que chaque pays n’est plus en mesure de produire de manière autonome cet équipement sauf à dupliquer les chaines d’assemblage, les approvisionnements… Ce qui serait absolument sous-optimal. Il faut donc effectivement harmoniser les conditions d’exportation pour qu’il n’y ait pas de blocage et donc des malentendus entre les deux pays. C’est un point qu’il faut traiter rapidement. Les programmes MGCS et SCAF peuvent être des programmes accélérateurs pour aboutir à une convergence entre la France et l’Allemagne

Faut-il moderniser le traité Debré-Schmidt ?

Le Traité d’Aix-la-Chapelle, qui doit être ratifié, prévoit déjà les grandes lignes…

… Mais il n’y a rien de concret et ni de précis dans le nouveau Traité sur ce point ?

Il y a déjà un cadre global. Une des pistes est de parvenir à un Traité Debré/Schmidt 2.0, qui vise à clarifier les conditions d’export entre les deux pays, avec potentiellement un organe consultatif de gouvernance commun. Cet organisme pourrait émettre des avis sur les licences d’exportation à accorder ou pas. Ce qui aurait permis par exemple d’éviter récemment le cas saoudien où un pays de manière unilatérale à décréter un embargo. Je ne pense pas qu’on aura un rapprochement immédiat des doctrines d’export entre la France et l’Allemagne mais on peut au moins se doter d’un organe de gouvernance commun. Chacun faisant un pas vers l’autre, on peut arriver à cheminer vers quelque chose de plus acceptable.

Estimez-vous que la France soit prête à brader un pan de sa souveraineté sur les questions d’exportation ?

Non. En revanche, la France est prête à dire dans le cadre de l’exportation des programmes MGCS ou SCAF, qu’il faut prendre en compte les intérêts et avis de l’Allemagne. C’est l’une des conditions pour être plus forts ensemble mais, en aucun cas, c’est un renoncement. Il faut que les deux pays déterminent en amont les conditions sur lesquelles ils peuvent exporter. En matière d’exportation, l’Allemagne est souvent soumise à des aléas politiques car les partis majoritaires  en Allemagne ont des visions assez différentes sur ce dossier. Il y a des risques d’une moins grande prévisibilité des décisions en fonction des équilibres politiques en Allemagne. En France, un certain consensus a été établi car chacun se rend bien compte que les exportations sont une condition de notre souveraineté, mais bien entendu qu’il faut fortement les encadrer.

Sur le plan opérationnel, pensez-vous que l’Allemagne peut se montrer beaucoup plus fluide dans le cadre des opérations extérieures, qui exigent des décisions rapides ?

Cette différence de culture stratégique et de cadre institutionnel pour recourir à la force restera encore pour quelques années entre les deux pays. L’Allemagne a connu des événements dans son histoire qui la rende beaucoup plus frileuse sur le fait d’engager son armée à l’extérieur. Pour autant, je note une évolution qui semble être confortée par des sondages d’opinion : l’Allemagne est vraiment en train de prendre conscience qu’elle doit s’intéresser de plus en plus à ces sujets de souveraineté. Et fatalement l’évolution de l’opinion aura à terme une répercussion plus politique. J’ai l’espoir que les positions française et allemande qui sont très différentes, vont finir petit à petit par converger. C’est parfois le rôle du politique de brusquer l’évolution naturelle pour arriver plus rapidement à des points de convergence. Cela a été le cas avec l’euro, qui a bénéficié d’une décision politique forte.

Ce n’est pas gagné…

… Il faut pourtant le faire en ayant bien conscience où on met les pieds et les risques qu’on prend. D’où la nécessité de bien mettre les cartes sur table. Il est à noter que l’Allemagne s’intéresse aujourd’hui aussi au conseil de sécurité de l’ONU et la France s’est engagée à l’aider sans renoncer à un pan de sa souveraineté. Il y a un en ce moment l’exemple de la brigade franco-allemande, qui est engagée dans la bande sahélo-saharienne. D’un côté les Français combattent avec les forces de Barkhane avec un mandat assez offensif, et de l’autre côté, les Allemands appuient la Minusma (Mission des Nations unies au Mali, ndlr) et l’EUTM (Mission de formation de l’Union européenne au Mali, ndlr) dans le cadre de leur politique étrangère. On peut être chacun dans notre rôle, tant que ceci sont différents, mais aboutir à des objectifs communs.

C’est quand même très paradoxal…

… La brigade franco-allemande montre que le sujet n’est pas tellement d’avoir finalement l’outil mais d’avoir un consensus sur les missions qu’on lui donne. Les militaires savent travailler ensemble. Ce qui est compliqué, c’est de s’accorder sur les missions qu’on leur donne. Nous avons un héritage institutionnel différent entre la France et l’Allemagne. En France, le président de la République, chef des armées, peut engager seul la force avec un contrôle du Parlement a posteriori. En Allemagne, des discussions importantes au Parlement sont nécessaires. Mais les Allemands se rendent compte que s’ils veulent peser sur la scène internationale, il devient de moins en moins supportable d’attendre des semaines, voire des mois avant d’engager le moindre soldat sur une opération extérieure. Pour autant, il ne faut brusquer personne, il faut qu’on soit dans la compréhension mutuelle. J’ai confiance que deux pays qui sont si proches et qui ont un destin commun finiront forcément à terme par converger. La question est dans combien de temps.

La France et l’Allemagne sont-elles condamnées à s’entendre malgré leurs divergences ?

Nos deux pays sont condamnés à s’entendre pour rester dans la course. Quand on regarde la tectonique des plaques au niveau mondial, il y a les États-Unis, la Chine, l’Inde. L’Inde et la Chine, c’est six fois la totalité de l’Europe en termes de population. La question que nous devons nous poser : veut-on rester dans l’histoire ou l’Europe va-t-elle s’effacer. Pour rester dans l’histoire, nous avons besoin de construire et de consolider l’espace européen. D’où l’importance capitale des prochaines échéances européennes dans quelques mois.

Dernière divergence entre la France et l’Allemagne : la France croit en l’Europe de la défense, l’Allemagne en la défense de l’Europe via l’OTAN. Comment peut-on les rapprocher ?

Nous avons le même objectif commun, qui est un objectif de souveraineté de l’Europe à terme. La France et l’Allemagne partagent le fait que l’OTAN est une structure nécessaire pour des interventions à un certain niveau. L’Allemagne estime-t-elle peut-être un peu trop que l’OTAN est une structure suffisante pour défendre l’Europe mais elle se rend également compte progressivement que compter à 100% sur l’OTAN représente un risque trop important. L’Allemagne doit s’assumer elle-même compte tenu des évolutions géopolitiques des uns et des autres. Les députés allemands du Bundestag m’ont fait part de leur volonté d’augmenter le budget de la défense à 1,5% d’ici à quelques années. Ce sera une première étape avant de faire davantage. L’Allemagne a pris conscience de manière progressive qu’elle doit s’affirmer sur les sujets stratégiques et c’est une très bonne nouvelle pour l’avenir de la coopération franco-allemande et plus globalement pour l’Europe de Défense.

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Euractiv - 04/02/2019

Mise en ligne le 07/02/2019

Gelbwesten wollen Frankreich lahmlegen

Der Machtkampf zwischen Frankreichs Präsident Macron und der "Gelbwesten"-Bewegung nimmt kein Ende. Für diesen Dienstag hat die ultralinke CGT zu einem nationalen Streiktag aufgerufen. Christophe Arend ist seit Juni 2017 in der französischen Nationalversammlung der Vertreter der Bewegung "La Republique en Marche", die Präsident Macron ins Leben gerufen hat. Im Inforadio erklärt Arend, wo aus seiner Sicht die Gründe für die Wut vieler Franzosen liegen. 

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InfoRadio RBB - 05/02/2019

Mise en ligne le 07/02/2019


Le député de Forbach Christophe Arend contre les groupuscules d’extrême droite

Le député de Forbach Christophe Arend contre les groupuscules d’extrême droite

Christophe Arend (LREM) a intégré une commission d’enquête sur la lutte contre les groupuscules d’extrême droite. Le Forbachois a même été nommé secrétaire de cette commission dont le but est de faire un état des lieux à ce sujet.

Le 23 janvier dernier, une commission d’enquête sur la lutte contre les groupuscules d’extrême droite en France a vu le jour. Plusieurs élus mosellans ont intégré cette commission, dont Christophe Arend. Le député LREM de Forbach a même été nommé parmi les quatre secrétaires de cette commission réunissant des parlementaires de tous les bords politiques.

La commission a pour but « de faire un état des lieux sur l’ampleur du caractère délictuel et criminel des pratiques des groupuscules d’extrême droite. »

Ce groupe de travail a pour mission d’émettre « des propositions relatives à la création d’outils visant à lutter plus efficacement contre les menaces perpétrées à l’encontre de nos institutions et de leurs agents, ainsi qu’à l’égard des citoyennes et des citoyens », explique Christophe Arend.

Des auditions vont démarrer ce mercredi. Des chercheurs, des historiens, des sociologues vont aider les parlementaires à mieux dénombrer ces groupes violents et à connaître leur mécanique. Les élus de la commission vont notamment entendre, ce mercredi, Jean-Yves Camus, politologue spécialiste de l’extrême droite, directeur de l’Observatoire des radicalités politiques, ou Pascal Perrineau, politologue, professeur des universités à l’Institut d’études politiques de Paris. La question de l’interdiction ou non de ces groupes sera probablement posée.

Cette commission a été créée à la demande du groupe parlementaire la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon. C’est la députée France insoumise de l’Hérault, Muriel Ressiguier, qui prend la présidence de cette commission d’enquête parlementaire.

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Le Républicain lorrain - 30/01/2019

Mise en ligne le 01/02/2019

Les 10 phrases à retenir des vœux du député de la 6e circonscription

Lors d’une cérémonie de vœux, à Bousbach, le député Christophe Arend a évoqué les Gilets jaunes bien sûr mais aussi ses sujets de prédilection comme la relation franco-allemande et l’apprentissage de la langue du voisin.

Voici les dix phrases clés de Christophe Arend (LREM), député de Forbach, prononcées lors de ses vœux à l’Espace Loisirs à Bousbach.

●  Gilets jaunes : « Je partage leur volonté d’amélioration de notre futur… »

●  Immigration : « Oui la France est une terre d’accueil. Certains fuient des territoires en guerre. D’autres arrivent parce qu’ils aspirent à un même niveau de vie que nous. On doit coopérer avec les pays d’Afrique afin d’améliorer le niveau de vie pour que ces gens aient envie de rester chez eux. »

●  Retraites : « La hausse de la CSG a été annulée pour les retraités touchant moins de 2 000 € par mois. Il y a eu une légère hausse des retraites. Le 1er  janvier, le minimum vieillesse a augmenté de 35 € par mois pour une personne seule ».

●  Débat national : « J’invite chacun à s’exprimer, à débattre et à créer des événements. Notre identité est celle du débat démocratique contradictoire. Aux Etats-Unis, en Russie, en Chine, ce débat démocratique n’a plus lieu. »

●  Langue du voisin : « Les fonctionnaires de tous les ministères du Land de Bavière pratiquent le français, pourtant ils ne sont pas frontaliers ».

●  Rayonnement : « A chacun de mes déplacements en Allemagne, que certains trouvent trop nombreux parce qu’ils ne comprennent pas l’importance de la relation franco-allemande, je parle de la Moselle-Est et de Forbach ».

●  Traité d’Aix-la-Chapelle : « C’est une caisse à outils pour conforter la relation franco-allemande, socle de la construction européenne ».

●  Fake news : « L’Alsace Moselle ne sera pas annexée à l’Allemagne. L’allemand ne deviendra pas notre langue administrative. Et le député Arend n’a pas fait une OPA sur la Bavière. Et oui, cela fait sourire mais cela a été dit ».

●  Elections européennes : « Je vous encourage à aller aux urnes ».

 Collectif : « Seul, on va vite mais ensemble nous irons loin, il faut mesurer l’importance de l’effort collectif ».

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Le Républicain lorrain - 29/01/2019

Mise en ligne le 01/02/2019