Cacophonie à la frontière franco-allemande

Paris et Berlin vont rouvrir leurs frontières respectives le 15 juin mais sont incapables de définir une heure commune de levée des contrôles.

Par Pierre Avril

Publié le 10 juin 2020 à 18:33, mis à jour le 10 juin 2020 à 19:35

Trois mois après avoir décrété sa mise en quarantaine, l'Allemagne rouvre à nouveau ses frontières avec ses principaux voisins. Les contrôles frontaliers avec la France, l'Autriche, le Danemark et la Suisse seront levés à partir du 15 juin sans que les modalités précises ne soient encore définies. La nouvelle a été annoncée mercredi matin, seul, par le ministre de l'Intérieur, Horst Seehoffer qui fut l'un des premiers à fermer son pays au début de la pandémie. Des restrictions continueront néanmoins à s'appliquer dans l'hypothèse d'une flambée localisée de nouveaux cas d'infection (plus de 50 nouvelles infections pour un total de 100.000 habitants et une période cumulée de sept jours). Le cas échéant, les ressortissants seront contraints d'effectuer une quarantaine à leur arrivée sur le sol allemand.

En revanche, les mises en garde formulées par le ministère allemand des Affaires étrangères à l'égard des pays tiers resteront en vigueur jusqu'au 31 août, à et ceci à l'exception des États membres de l'espace Schengen et du Royaume-Uni. Berlin ne veut pas «risquer que des Allemands restent bloqués à nouveau dans le monde entier cet été, ou que des vacanciers réintroduisent le virus en Allemagne , a justifié le ministre des Affaires étrangères, Heiko Maas, qui surveillera ainsi l'évolution de la pandémie dans les pays à risque. Ces mises en garde avaient été établies le 17 mars et concernent encore près de 200 pays.

Situation incompréhensible

La situation est devenue très sensible à la frontière franco-allemande où des députés des deux bords appelaient à une levée la plus rapide possible des restrictions. Aujourd'hui, les travailleurs frontaliers français doivent présenter une attestation de leur employeur ou remplir un document conjoint. En dépit des appels à une décision coordonnée, notamment formulées par les présidents de l'Assemblée nationale et du Bundestag, les annonces entre Paris et Berlin se font encore en ordre dispersé. Ainsi, les deux voisins n'ont pas encore défini d'heure commune de levée de leurs frontières respectives.

L'Allemagne a évoqué le 16 juin à 00 heures tandis que la France entend procéder plus tôt, dans le courant même de la journée du 15. «Il est incompréhensible que l'on soit toujours dans cette situation où les deux pays risquent d'ouvrir leurs frontières à des moments différents », s'insurge le député de Moselle, Christophe Arend qui pointe « un problème de communication » entre les ministères de Horst Seehoffer et de Christophe Castaner. « C'est comme si nous n'avions absolument pas tiré les leçons du début de la pandémie », regrette le parlementaire français. Mi-mars, le dirigeant à poigne de la CSU avait fait cavalier seul sans prévenir ses homologues français.

De son côté, l'Autriche va, à cette même date, lever les contrôles avec l'Italie et mettre fin à l'obligation de quarantaine pour les voyageurs arrivant des pays européens, à l'exception de la Suède, de la Grande-Bretagne, de l'Espagne et du Portugal. La semaine dernière, Vienne avait déjà fait de même pour sept de ses huit autres voisins, provoquant la colère de Rome.

Le Figaro - 10/06/2020

Retrouvez l'article ici. 

Mise en ligne le 16/06/2020

Plus de coordination ! Nous voulons des précisions sur la fin des contrôles aux frontières !

Fin des contrôles aux frontières dans la nuit de dimanche à lundi ! Une décision en faveur d’une Europe unie !

Malgré une fin juridique des contrôles allemands le 15 juin à minuit annoncée par le Ministre fédéral de l’Intérieur allemand, M. Horst Seehofer, les Directeurs régionaux de la Bundespolizei se sont accordés ce vendredi en faveur de la suppression des contrôles aux frontières dès lundi matin. Opposé depuis le début de la crise à la fermeture des frontières, le Député Christophe Arend salue cette décision en faveur des habitants des zones frontalières et de l’amitié franco-allemande et européenne.

« Je salue cette décision d’harmoniser la levée des contrôles aux frontières. Nous nous dirigeons enfin vers un retour à la normalité pour les habitants de ce bassin de vie au coeur de l’Europe. C’est un signe positif vers une Europe unie et pour un renforcement de l’amitié franco-allemande. Ce choix démontre également l’importance d’une harmonisation des décisions dans les zones transfrontalières et le besoin d’une décentralisation des mesures au plus proche du terrain » explique le Député Christophe Arend.

Unserer Redaktion veröffentlicht hier die Stellungnahme des Abgordneten Christophe Arend (LaREM), der hier über die Sitzung des Ausschusses für grenzüberschreitende Zusammenarbeit (GrüZ) vom 10. Juni 20120 berichtet, der mit dem > Aachener Vertrag eingerichtet wurde. Sein Text ist deshalb von so großer Bedeutung, weil er er einen konkreten Einblick in eine schwierige Situation gibt, und er zeigt, mit welchen Mitteln diese Probleme jetzt zu lösen sind:

Lors de la réunion du Comité de Coopération Transfrontalière (CCT) de ce jour, les membres du CCT ont été invités à présenter leurs principaux enseignements de la gestion de la crise sanitaire et les perspectives de travail à suivre sous l’oeil attentif des deux Secrétaires généraux pour la coopération franco-allemande, Mme Amélie de Montchalin et M. Michael Roth. Ce fut également l’occasion pour les membres de revenir sur l’épineux problème de la fin des contrôles aux frontières dont le manque de précisions provoque le mécontentement des membres.

« Le 28 mai dernier, lors de la séance plénière de l’Assemblée parlementaire franco-allemande, les Ministres de l’Intérieur, MM. Castaner et Seehofer, ont été interpellés sur la question de l’ouverture des frontières. Aujourd’hui, soit plus de 10 jours après l’audition, nous avons réitéré notre demande de précisions au sujet des frontières aux Secrétaires généraux pour la coopération franco-allemande et aux représentants de nos Ministres de l’Intérieur également présents. Aucune précision n’a été apportée quant à la date exacte de la fin des contrôles – le 15 juin, le 16 juin, à partir de quelle heure ? – et aux mesures à appliquer – port du masques, gestes barrières.

5 jours avant l’échéance, nous déplorons l’absence de détails de la part de nos Gouvernements sur cette question cruciale, alors que Mme de Montchalin et M. Roth ont parfaitement intégré l’importance capitale des zones frontalières.

Les frontaliers ont souffert de la fermeture des frontières et des difficultés socio-économiques qui en ont résulté. Nous ne souhaitons pas que cette situation se reproduise. Nous avons discuté durant 2h des leçons à tirer de cette crise dont la première est : un renforcement du dialogue et une meilleure coordination de nos politiques sur le terrain !

Messieurs les Ministres de l’Intérieur, nous vous enjoignons d’harmoniser vos positions au plus vite afin d’apporter des réponses précises à nos concitoyens frontaliers, vivant l’Europe au quotidien. Toute rouverture en ordre dispersé serait particulièrement inaudible et montrerait que nous n’avons pas tiré les leçons du passé. »

france-blog.info - 10/06/2020

Retrouvez l'article ici. 

Mise en ligne le 16/06/2020

Oui, c’est compliqué d’être policier en ce moment

Pierre Portenseigne, policier à Forbach et adjoint départemental du syndicat Unsa, juge injustes les accusations envers sa profession (violences, racisme). Il craint que l’acte d’interpellation devienne de plus en plus difficile à exercer suite à l’intervention de Christophe Castaner.

Par Propos recueillis par Stéphane MAZZUCOTELLI - 10 juin 2020 à 18:00 | mis à jour à 20:24 - Temps de lecture : 2 min

C’est une période difficile pour votre profession ?

Pierre Portenseigne  : « Oui, c’est compliqué d’être policier en ce moment. Malheureusement, on s’habitue à être mis injustement en cause, c’est redondant. C’est un débat qui revient régulièrement. Là, nous sommes victimes de l’actualité américaine. Alors que nous ne sommes pas aux États-Unis, les contextes sont différents. Des amalgames sont faits entre des affaires qui n’ont rien à voir. »

Avez-vous l’impression de vivre dans une corporation raciste ?

« La police n’est pas hors de la société. Il y a du racisme dans notre société, donc aussi dans la police. Mais cela reste minoritaire. Je travaille avec des collègues de différentes origines, de différentes couleurs de peau, de différentes religions… Cela ne pose pas de problème. »

Comment avez-vous vécu l’intervention de Christophe Castaner  ?

« Beaucoup de policiers ont été choqués et ont ressenti certains propos comme un coup de couteau dans le dos. Pour calmer une partie de l’opinion, il fait des annonces sans consulter, sans discuter avec les policiers de terrain. »

À Forbach, utilisez-vous la technique de l’étranglement que le ministre de l’Intérieur veut interdire ?

« C’est un geste technique enseigné pour immobiliser quelqu’un qui est plus grand que vous. C’est utilisé rarement. Les interpellations se passent souvent sans violence. Quand la personne en face est calme, il nous arrive de faire des arrestations sans menotter. »

Mais parfois la situation dégénère ?

« Il m’est arrivé de devoir plaquer au sol un individu devenu dangereux pour lui et pour les autres. On ne fait jamais ça par plaisir, mais parce que force doit rester à la loi. C’est légitime. Si nous sommes accusés de violences quand on tente de maîtriser une personne agressive, on ne pourra plus exercer notre métier. On ne sera plus bons qu’à remplir des tâches administratives. Si un individu violent est face à moi, qu’est-ce je fais maintenant ? Je lui tends une convocation et je repars ? Et qu’est-ce que je dis à ses victimes ? »

Le député de Forbach a rencontré des policiers à Freyming-Merlebach mardi. Un bon signe ?

« Christophe Arend a certes porté le message du ministre, mais il a aussi témoigné de son soutien aux policiers. Il a indiqué que l’immense majorité se comporte de manière exemplaire. Il a rappelé que nous étions mobilisées depuis de longs mois dans des contextes de crise avec les attentats, les Gilets jaunes, le confinement et le déconfinement. »

Le Républicain lorrain - 10/06/2020

Retrouvez l'article ici. 

Mise en ligne le 16/06/2020

Réouverture des frontières : c’est la cacophonie entre France et Allemagne

Alors que la date du 15 juin est avancée depuis plusieurs semaines pour la réouverture des frontières avec l’Allemagne, Horst Seehofer, ministre de l’Intérieur Outre-Rhin, sème la confusion en parlant désormais du mardi 16 à minuit. Le député de Forbach est en colère.

Par Stéphane MAZZUCOTELLI - 10 juin 2020 à 19:25 | mis à jour le 11 juin 2020 à 12:30 - Temps de lecture : 2 min

Le projet de réouverture des frontières entre France et l’Allemagne connaît un nouveau couac. Depuis plusieurs semaines, les autorités françaises et allemandes ont communiqué sur la date du lundi 15 juin pour la levée de toutes les restrictions aux passages entre les deux pays. Mais ce mercredi, Horst Seehofer, ministre fédéral allemand de l’Intérieur, a évoqué, devant la presse d’Outre-Rhin, la date du mardi 16 juin à minuit. Ce qui n’est pas tout à fait pareil.

« Où est la coordination ? », s’indigne le député de Forbach

Il n’en a pas fallu plus pour semer, une nouvelle fois, la cacophonie… alors que les ministres des deux pays ont juré de davantage collaborer sur cette question. Christophe Arend , député LREM de Forbach, qui a combattu la fermeture des frontières entre Moselle et Sarre durant la crise sanitaire, n’est pas content. « Cinq jours avant l’échéance, je déplore l’absence de détails de la part de nos gouvernements sur cette question cruciale. La date exacte de la fin des contrôles n’est toujours pas connue. Le 15 juin ou le 16 juin, à partir de quelle heure ? Il y a eu beaucoup de discours pour dire qu’il faut se coordonner. Mais où est la coordination ? C’est la confusion. Il faut rouvrir les frontières dès lundi. Les frontaliers ont assez souffert de la fermeture et des difficultés socio-économiques qui en ont résulté », martèle le parlementaire mosellan.

Des manifestations sont prévues dès lundi

Des manifestations sont d’ailleurs prévues dès lundi à divers postes frontières comme à Bliesbruck, près de Sarreguemines. Les membres de l’Eurodistrict SaarMoselle, qui réunit des élus de Moselle-Est et de l’agglomération de Sarrebruck, ont coché sur leur agenda la date de lundi, à 10 h, pour se réunir sur le pont de l’amitié entre Grosbliederstroff et Kleinblittersdorf. Ils veulent faire une déclaration commune à l’occasion du rétablissement e la libre circulation et de la levée des contrôles aux frontières. Si Seehofer reste sur la date du mardi 16 à minuit, les élus de l’Eurodistrict se mettraient en infraction. Ce serait un comble.

Le Républicain lorrain - 10/06/2020

Retrouvez l'article ici. 

Mise en ligne le 16/06/2020

Für Patienten-Behandlung: Frankreich bedankt sich im Saarland

Für Patienten-Behandlung: Frankreich bedankt sich im Saarland

Die französische Staatssekretärin für Europafragen, Amélie de Montchalin, hat sich im Saarland für die Behandlung französischer Covid-19-Patienten bedankt. «Während dieser beispiellosen Gesundheitskrise ist die Solidarität zwischen unseren beiden Ländern ungebrochen geblieben», sagte sie nach Angaben der saarländischen Staatskanzlei vom Freitag bei einem Besuch bei Ministerpräsident Tobias Hans (CDU). «Mehr denn je steht die deutsch-französische Freundschaft nun im Mittelpunkt des europäischen Projekts.»

«Die Corona-Pandemie hat unser Europa der offenen Grenzen auf eine harte Probe gestellt», sagte Hans. Dies habe man «ganz deutlich» in der deutsch-französischen Grenzregion gespürt. «Wir mussten auf beiden Seiten der Grenze Abstand zu unseren Freunden halten und die Grenze, die schon seit vielen Jahren eigentlich keine mehr war, wurde plötzlich wieder sichtbar.» Hans sagte, dieser «Abstand» habe der «tiefen Freundschaft zwischen Frankreich und Deutschland» nichts anhaben können.

Wegen hoher Infektionszahlen in der benachbarten Region Grand Est waren Mitte März mehrere kleine Übergänge zwischen Frankreich und dem Saarland gesperrt und Grenzkontrollen eingeführt worden. Die saarländische Wirtschaftsministerin Anke Rehlinger (SPD) hatte sich im April für vereinzelte anti-französische Beschimpfungen und Attacken im Saarland entschuldigt und von «beschämenden Auswüchsen» gesproche.

Lokalo.de - 06/06/2020

Retrouvez l'article ici. 

Mise en ligne le 08/06/2020