Au-dessus des collines qui bordent le lac de Lugano, un Canadair CL-415 italien enchaîne les largages d’eau sur un incendie de forêt qui progresse sous l’effet du vent et de la chaleur. Les pompiers au sol tentent de contenir les flammes, mais chaque heure gagnée dépend aussi des moyens aériens disponibles.
Cette scène se répète désormais chaque été dans plusieurs régions d’Europe. Alors que les épisodes de chaleur extrême favorisent des feux plus rapides et plus difficiles à maîtriser, la question des capacités de lutte contre les incendies revient au centre du débat public, notamment en France.
Des incendies de plus en plus violents sous l’effet du réchauffement climatique
Depuis une trentaine d’années, les mouvements écologistes alertent sur les conséquences du réchauffement climatique. Selon eux, l’augmentation des températures, les périodes de sécheresse plus longues et les vents plus intenses rendent les incendies de forêt à la fois plus fréquents et plus destructeurs.
Les événements observés ces dernières années semblent alimenter cette inquiétude. Les feux se propagent plus rapidement, mobilisent davantage de moyens et menacent des zones qui étaient jusqu’ici relativement épargnées. Pour les services de secours, chaque saison estivale devient un défi plus complexe que la précédente.
Une flotte de Canadair jugée insuffisante
Le débat porte également sur les moyens consacrés à la protection civile. La France dispose d’une flotte de 12 Canadair vieillissants pour intervenir sur un territoire de 67 millions d’habitants, alors que les incendies gagnent en intensité.
Dans un commentaire publié le 27 juillet 2026, Gilles Urben estime que cette capacité n’est plus adaptée aux réalités climatiques actuelles. Selon lui, les pompiers « se battent avec un courage admirable, mais avec des moyens dérisoires face à des incendies devenus monstrueux ».
Les choix budgétaires au cœur de la controverse
L’auteur compare les investissements consacrés aux équipements militaires avec ceux destinés à la lutte contre les incendies. Il rappelle que la France possède près d’un millier d’aéronefs militaires ainsi qu’un porte-avions nucléaire, tandis que la flotte de bombardiers d’eau reste limitée.
Selon son analyse, le coût d’un seul avion de combat Mirage permettrait de financer plus de deux Canadair. Cette comparaison nourrit le débat sur les priorités de l’État face à un risque climatique appelé à s’intensifier.
Les défenseurs de cette position estiment qu’un renforcement des moyens de protection civile permettrait de mieux préserver les forêts, les habitations et les populations exposées aux grands incendies.
Un débat qui dépasse la seule France
Au-delà du cas français, la multiplication des incendies pose la question de la capacité de l’Europe à répondre à des catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes.
Pour Gilles Urben, l’urgence est désormais « climatique, humaine et territoriale ». Son commentaire appelle à revoir les priorités budgétaires afin d’adapter les moyens de secours à l’évolution du risque.
Reste à savoir si les prochains arbitrages politiques accorderont davantage de place aux moyens de lutte contre les incendies, alors que chaque été confirme la pression croissante exercée par le changement climatique.













