Au 11, montée des Roches, à Saint-Flour, une petite maison en pierre accueille aujourd’hui des vacanciers de passage. Rien, au premier regard, ne laisse imaginer que cette adresse est liée à l’une des histoires les plus marquantes de la ville, celle d’Esther Albouy, restée recluse pendant 38 ans.
Rachetée en 2022, entièrement rénovée puis proposée à la location touristique, cette maison continue pourtant de susciter la curiosité. Son propriétaire affirme avoir découvert son passé seulement après la signature de l’acte de vente.
Une maison remise en état après des années d’abandon
Après la fin de la réclusion d’Esther Albouy en 1983, la maison est restée longtemps inoccupée.
Les Sœurs Carmélites Messagères de l’Esprit Saint, propriétaires des lieux, avaient entrepris une première rénovation afin d’y accueillir leurs familles. Puis, après avoir quitté définitivement leur monastère, elles ont décidé de vendre le bien en 2022.
C’est Lawrence Banahan, qui possède des attaches familiales dans la région et connaît bien Saint-Flour, qui s’en est porté acquéreur dans le cadre d’un investissement immobilier.
Le propriétaire découvre l’histoire après l’achat
Selon Lawrence Banahan, personne ne lui avait parlé du passé de cette maison avant la vente.
« Je ne savais rien sur l’histoire de cette maison. On ne m’avait rien dit avant. Je ne l’ai su qu’après l’avoir achetée, par les voisins. Mais j’aurais quand même préféré qu’on me le dise, par correction », explique-t-il.
Il précise toutefois que cette découverte n’aurait pas remis en cause son projet d’acquisition.
Pas question d’en faire une attraction touristique
Après d’importants travaux, la maison est aujourd’hui proposée à la location sur Airbnb.
Son propriétaire affirme cependant ne jamais mettre en avant l’histoire d’Esther Albouy auprès des voyageurs.
« Je n’en parle pas à mes hôtes. Je n’aime pas le côté sensationnaliste. Mettre en avant le malheur des autres ne fait pas partie de ma culture. Je n’ai pas envie d’en faire un musée des horreurs », explique-t-il.
Ce choix reflète sa volonté de dissocier le logement de son passé tout en respectant la mémoire de celle qui y a vécu.
Une coïncidence inattendue pendant le tournage d’un documentaire
L’histoire de la maison a pourtant ressurgi de manière inattendue en 2024.
Lors du tournage du documentaire La recluse de Saint-Flour : contre-enquête, le réalisateur Emmanuel Blanchard et son équipe ont choisi de séjourner… dans cette même maison, sans lien avec son propriétaire.
Cette coïncidence a renforcé l’intérêt autour de cette adresse déjà connue des habitants de Saint-Flour.
Une adresse marquée par son passé, tournée vers une nouvelle vie
Aujourd’hui, le 11, montée des Roches accueille des visiteurs venus découvrir le Cantal, sans que la plupart connaissent l’histoire qui s’est déroulée derrière ses murs.
Si cette maison reste indissociable du destin d’Esther Albouy dans la mémoire locale, son propriétaire souhaite avant tout qu’elle soit désormais un lieu de séjour ordinaire, loin de toute forme de curiosité morbide.













